Suite au passage de la délégation des cadres du Parti démocratique gabonais (PDG), au pouvoir depuis 53 ans, cette semaine pour une séance de présentation des nouveaux cadres et pour un séminaire de formation aux militants à Okondja, le citoyen, originaire de la contrée, Youmou Potta, a voulu donner son avis dans un propos libre. Lecture !
La politique se juge par ses résultats. Lesquels résultats sont principalement la transformation qualitative des conditions de vie des populations, l’amélioration significative des services sanitaires et hospitaliers et la mise en place des politiques d’emploi adéquates. Bref, un niveau de développement optimal. Or, à la lumière des observations, force est de noter que dans les démocraties rurales comme le Gabon, le résultat le plus visible de la politique stagne entre le divertissement et l’effet d’annonce.
La semaine écoulée, la Sébé-Brikolo a vécu une ferveur militante. L’élite politique locale du parti de la main a sillonné tous les hameaux du département. S’il n’y a aucune interdiction à un parti politique de mobiliser ses troupes et d’enrégimenter des nouveaux biffins têtus, il faut admettre que la venue des hauts cadres du parti au pouvoir devrait être une source de réponses claires aux problèmes sociaux primaires déjà connus. Cependant, l’impression qui se dégage est que seule la théorie des attroupements et des applaudissements est mise en pratique, car après ces promenades militantes le quotidien existentiel des populations et de leurs propres militants de base n’aura subi aucune accélération de la transformation.
En effet, après cette errance départementale durant laquelle on nous a dévoilé les nouveaux admis au Bureau Politique et faire subir aux camarades fédéraux des séances d’études politiques, ces derniers feront toujours face à la dure exagération sauvage de la hausse du prix du bidon de cinq litres d’huile qui ne cesse de repousser les limites de l’acceptable.
Bien naturellement, pendant que la Nouvelle Gabon Mining continuera la vampirisation des embauches avec une RSE toujours intraçable, Thaurian ne se gênera pas à scier ses employés comme les okoumés.
Si le centre médical d’Okondja se battra vigoureusement à maintenir son statut de porcherie hospitalière, la SEEG locale s’efforcera toujours avec honneur à faire boire aux populations de la mort-aux-rats.
En outre, les jeunes ayant emargé illico presto réaliseront après le départ des publicitaires politiques que leurs fiches d’adhésion ne se transformeront jamais en contrats d’embauche.
Par ailleurs, après la lecture des motions de loyauté ad vitam æternam, les sentiers Okondja-Makokou, Okondja-Andjogo, Okondja-Aboumi, Okondja-Ayanabo, Okondja-Ambinda, resteront des éternels chemins de Golgotha.
De plus, après les présentations des éminences, pendant que Lekori restera à chercher 40 millions de francs CFA pour installer un refoulement-conduite en PEHD 63 d’eau potable, Mouniandji attendra assurément 2023 pour écouter les nouvelles promesses d’éventuels groupes électrogènes.
Enfin, à la fin du vagabondage politique, tout ce beau monde s’arrêtera à Akieni pour le plein de carburant de leurs flamboyants LC Prado 3.0L Tx-L 5 et autres Rolls Royce Phantom parce que l’essencerie d’Okondja a rendu l’âme depuis longtemps et que ceux qui participent à la décision n’ont daigné convaincre Petro Gabon et Gabon Oil Company à s’installer à Okondja.
La vérité, tout compte fait, c’est que l’avenir de la Sébé-Brikolo dépend non de la politique politicienne électoraliste mais d’une vraie politique de développement durable car la simple mobilisation des masses miseureuses achetées au prix d’une Regab n’est point un programme politique.
Youmou Potta.


























