La loi sur la décentralisation avait pour but de donner aux collectivités une véritable autonomie de gestion et de gouvernance. Elle devait permettre à nos communes de se réinventer sur le plan stratégique, grâce aux nouvelles marges de manœuvre financières et organisationnelles. Pour une ville comme Lastoursville, riche de ressources et de potentiel, c’était la promesse d’un nouveau départ : libérer les initiatives locales et impulser son propre développement.
Pourtant, le constat est amer. À l’heure où l’on parle partout de modernisation des collectivités, Lastoursville semble figée, oubliée, comme si rien n’avait bougé. Le décalage entre les instruments légaux disponibles et la réalité du terrain est flagrant.
Comment l’expliquer ? L’analyse pointe trois blocages majeurs.
D’abord, une classe dirigeante arrivée au pouvoir sans vision ni objectif clair pour la localité. Le pouvoir pour le pouvoir ne produit pas de projet.
Ensuite, une culture de l’attentisme : les autorités municipales confondent l’action de l’État central avec leurs propres responsabilités et attendent du Président de la République qu’il transforme Lastoursville à leur place.
Enfin, une déresponsabilisation : la loi confère déjà aux élus les instruments politiques, financiers et administratifs pour agir. Ne pas les utiliser relève d’un choix.
Il faut le dire clairement : le projet du Président n’est pas celui des communes. La décentralisation signifie justement que chaque territoire définit sa trajectoire. Lastoursville ne manque ni de moyens légaux, ni de potentiel. Elle manque d’une gouvernance locale qui assume pleinement ses prérogatives.
La vraie question n’est donc plus : qu’est-ce qui ne va pas, mais quand les élus prendront-ils leurs responsabilités ?
LOÏCK BOUDINGA
Acteur civique
Ancien candidat aux élections municipales


























