L’ambassadeur de France près de la République gabonaise Philippe Autié a fait ses adieux ce 13 juillet 2021, à la veille de la fête nationale française. Il paierait les conséquences de son rapprochement de certains leaders de l’opposition selon le pouvoir en place. Or, pour l’opposition il n’aurait fait que perpétuer l’absence de l’État de droit à l’usure.
Philippe Autié est arrivé au Gabon comme ambassadeur de France en septembre 2018. Il n’a fait que 2 ans et 10 mois environ, très courte période dans les us et coutumes diplomatiques dont la durée d’affectation serait autour de 3 à 4 ans. Selon le diplomate qui s’est exprimé à l’occasion de la fête du 14 juillet à son domicile devant plusieurs invités, il s’agirait « d’incompréhensions consécutives à l’élection de 2016 ».
Ainsi, cette déclaration a reçu des avis très divergents dans l’opinion. Plusieurs ont sursauté à l’écoute de cette de celle-ci.
Selon le pouvoir de Libreville, Philippe Autié se serait mis dans une parfaite entente avec l’opposition au point où il se serait fait inviter par Alexandre Barro Chambrier le 20 octobre 2020, chez Zacharie Myboto, le 30 du même mois. Ses relations avec le pouvoir chez lequel il aurait été accrédité seraient très ambigües. C’est pourquoi son pays est accusé de ne pas avoir une ligne diplomatique très claire dans ses anciennes colonies.
Ainsi, la diplomatie menée par lui ne serait pas gagnante. Pour preuve, le Gabon s’est davantage intéressé à d’autres organisations notamment celle du Commonwealth. Ce qui n’a pas été du goût de Paris.
Par contre, pour l’opposition, Philippe Autié avait fait la tournée chez Barro Chambrier et Zacharie Myboto pour leur dire que 2016 était derrière nous. C’est ainsi qu’il avait clairement dit à Zacharie Myboto l’un des poids lourds de l’opposition, pour l’élection présidentielle de 2023: « Organisez-vous pour présenter une candidature unique ». L’opposant aurait considéré cela comme insultant et malhonnête d’où sa réponse cinglante « regardez la réalité en face ». C’est-à-dire celle d’un pays au bord du gouffre.
Aussi, selon plusieurs sources bien introduites, il paierait son soutien aveugle au pouvoir gabonais, en complicité avec son mentor Jean Yves Le Drian. En effet, ce dernier devrait, lui aussi, être relevé de son poste de Ministre des Affaires étrangères, dans les prochains jours. Pour elles, si Jean Yves Le Drian était remercié, dans le prochain remaniement ministériel qui est annoncé en France, alors on pourrait aisément déduire que »ce gros arbre », en tombant, a entraîné dans sa chute ses satellites, au Gabon et peut être ailleurs aussi.
Pour certains gabonais et leaders de l’opposition, ils pensent que c’est la France qui aurait soutenu le passage en force de l’actuel chef de l’Etat. Ses multiples rencontres avec l’opposition n’ont jamais pu instaurer une paix sociale dans le pays. Au contraire, ses interventions au profit d’une classe politique ont créé un climat délétère et semé la confusion en ce qui concerne les véritables missions des ambassadeurs. Il est considéré par une grande majorité des Gabonais comme le plus piètre des ambassadeurs qui aient été accrédités au Gabon par le France.
Dans tous les cas, le départ de Philippe Autié du Gabon ne suscite aucun regret dans les deux bords politiques importants au Gabon : pouvoir et opposition.


























