Organisé à Libreville le 03 mai 2026, le Forum international pour l’innovation et le développement s’impose comme un moment charnière. Il réunit décideurs publics, investisseurs et partenaires internationaux autour d’un nouveau cap économique. Cette rencontre pose les bases d’une trajectoire fondée sur l’attractivité, l’innovation et la relance des investissements. Toutefois, les engagements annoncés et les perspectives ouvertes ne suffisent pas à eux seuls. Un enjeu fondamental s’impose alors avec acuité dans la transformation du Gabon. Il s’agit de l’accélération du processus d’évaluation des politiques publiques et des actions engagées.
Les ambitions portées lors de ce forum traduisent une volonté affirmée de performance et de résultats. L’action publique s’inscrit ainsi dans une logique nouvelle, orientée vers des effets durables et mesurables. Toutefois, cette orientation ne peut produire d’impacts réels sans un dispositif d’évaluation robuste et crédible. Un tel dispositif doit également être réactif face aux mutations du contexte. Or, des attentes sociales élevées marquent profondément la situation actuelle du Gabon. L’évaluation des politiques publiques devient donc un impératif incontournable pour répondre à ces exigences. Une exigence accrue de transparence s’impose également aux acteurs publics. Ainsi, l’évaluation devient un levier stratégique pour mesurer l’impact réel des réformes. Elle permet d’ajuster les politiques en temps utile. La même évaluation contribue, en outre, à renforcer la confiance des partenaires économiques. Elle conditionne désormais la crédibilité même des engagements pris.
Les résultats issus de ce dernier, qu’il s’agisse des partenariats économiques, de la Déclaration de Libreville ou encore de la mise en place annoncée de mécanismes de suivi, constituent des avancées importantes. Néanmoins, leur portée dépendra directement de la capacité des institutions à assurer un suivi rigoureux et continu. C’est précisément à ce niveau que le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs peut jouer un rôle déterminant. En tant qu’outil continental de gouvernance, le MAEP offre un cadre méthodologique éprouvé pour évaluer les politiques publiques selon des standards reconnus, en s’appuyant sur une approche participative, inclusive et indépendante.
Son intervention pourrait ancrer les engagements du forum dans un processus structuré d’évaluation périodique. Ce processus repose sur des indicateurs précis et comparables. Ainsi, le MAEP renforcerait la redevabilité institutionnelle en impliquant les administrations publiques et la société civile. Il associerait également les partenaires techniques, favorisant une lecture objective des performances. Il constitue, en outre, un levier d’apprentissage essentiel. Le Gabon pourrait tirer profit des expériences d’autres pays africains confrontés à des défis similaires.
L’urgence d’accélérer le processus d’évaluation s’explique par le décalage souvent observé entre l’annonce des réformes et leur mise en œuvre effective. Ce temps long de l’évaluation affaiblit l’impact des politiques publiques et peut entamer la confiance des citoyens comme des investisseurs. Dans ce contexte, le MAEP peut contribuer à réduire ce décalage en instaurant des cycles d’évaluation plus courts, en produisant des rapports réguliers et en formulant des recommandations opérationnelles directement exploitables par les décideurs publics.
Ainsi, le Forum International de Libreville ne saurait être perçu comme une finalité en soi, mais plutôt comme le point de départ d’une nouvelle exigence en matière de gouvernance publique. L’évaluation en devient le prolongement naturel, à la fois outil de pilotage, instrument de crédibilité et moteur d’amélioration continue. En s’appuyant sur le MAEP, le Gabon dispose d’un instrument stratégique pour transformer les engagements pris en résultats concrets, mesurables et durables, et inscrire son action publique dans une dynamique de transparence, d’efficacité et de performance reconnue à l’échelle continentale.
Par Rosny-Verlain BILEH-BI SIMA, Economiste












































