La vie chère reste un défi majeur pour les ménages gabonais. Le président Oligui Nguema l’a reconnu publiquement lors de sa Grande Interview du 4 mai 2025. Il a annoncé une mesure fiscale concrète dans la Loi de Finances rectificative 2026 avec la TVA à 5 %.
Un constat lucide sur le pouvoir d’achat
Les mesures de plafonnement des prix ont ralenti la hausse. Toutefois, elles n’ont pas éliminé la pression sur les dépenses quotidiennes. Loyer, alimentation, énergie et logement restent des charges lourdes. Oligui Nguema l’admet sans ambiguïté : le coût de la vie demeure trop élevé. Ce diagnostic honnête débouche sur une réponse législative directe et ciblée.
La TVA à 5 % : un outil fiscal au service des ménages
La mesure phare concerne les matériaux de construction courants. Ciment, fer à béton, tôles et carrelage sont directement visés. La LFR 2026, en cours d’élaboration, inscrira un taux réduit de TVA à 5 %. Ce n’est pas une première tentative dans ce domaine. En juin 2025, le gouvernement avait suspendu totalement la TVA sur certains matériaux. Cette exonération avait ensuite été annulée en août 2025 pour préserver les recettes publiques. Ainsi, le taux de 5 % représente une voie médiane équilibrée. Il soulage les ménages sans fragiliser les finances de l’État.
Une continuité avec la LFI 2026
La LFI 2026 avait déjà introduit un taux réduit sur plusieurs produits alimentaires essentiels. Riz, farine, œufs, laits et pain bénéficiaient de cette mesure. L’extension aux matériaux de construction élargit significativement le dispositif avec la TVA à 5 %. Elle cible directement les classes moyennes et populaires. Ces ménages construisent, rénovent ou accèdent difficilement à la propriété. Cette cohérence fiscale renforce la lisibilité de la politique économique gabonaise.
Un budget 2026 repensé en profondeur
Cette annonce s’inscrit dans une réforme budgétaire plus large. Le budget gabonais 2026 atteint 6 358,2 milliards de francs CFA. Il a été construit différemment des exercices précédents. Le gouvernement est reparti de zéro pour justifier chaque dépense inscrite. L’objectif est de dépenser mieux, et non davantage. La LFR 2026 constitue donc un second souffle budgétaire stratégique.
Le défi de l’appropriation citoyenne
Par ailleurs, les mécanismes de contrôle des prix révèlent une limite structurelle persistante. Le numéro vert dédié aux signalements reste largement sous-utilisé. Oligui Nguema appelle les citoyens à dénoncer les commerçants pratiquant des prix abusifs. L’outil existe et les contrôles de terrain sont renforcés. Cependant, l’efficacité dépend aussi de la mobilisation des populations.
Deux fronts pour une même bataille
La lutte contre la vie chère se joue donc sur deux terrains simultanés. La fiscalité, que l’État maîtrise, produit des effets mesurables. Les comportements de marché, en revanche, lui échappent encore largement. La TVA à 5 % est une avancée réelle. Mais la bataille reste ouverte et exige une vigilance collective durable.


























