Le Syndicat National des Personnels de Santé Publique du Gabon (Synaps P-GA) a réuni ses membres le 18 janvier 2025 à Libreville pour interpeller les autorités sur leurs revendications professionnelles et administratives. Sous la direction d’Éric Akouri, secrétaire général, ils ont souligné des problèmes persistants, notamment la gratuité des soins pour les agents de santé et leurs ayants droit.
Selon Akouri, « la gratuité des soins pour le personnel de santé dans les structures publiques est une urgence. » Il a dénoncé la situation actuelle où un agent, affecté dans une structure provinciale, n’est pas pris en charge gratuitement s’il tombe malade à Libreville. « Comment comprendre qu’un agent malade, en dehors de sa région d’affectation, puisse perdre la vie faute de soins gratuits ? », a-t-il interrogé.
La réunion a également abordé le non-paiement des salaires pour certains agents affectés depuis des années, une situation qualifiée d’inhumaine par le syndicat. Akouri a demandé au ministre de la Santé de collaborer avec les ministères compétents pour organiser un concours professionnel et régulariser les statuts administratifs. Il a rappelé que « travailler plus de 10 ans avec le même salaire est inconcevable » et a exhorté à intégrer les diplômés dans la fonction publique.
Ludivine Ango, infirmière, a souligné l’importance de valoriser les sages-femmes et les agents de catégorie B1 et B2 : « Les sages-femmes peuvent poursuivre leurs études, mais elles doivent être soutenues et informées des opportunités. » Elle a insisté sur le rôle crucial du syndicat pour porter ces revendications.

Le manque de formation continue et l’absence de concours professionnels pour les agents déjà en service sont aussi des préoccupations majeures. Marius Mbourou, responsable du dispensaire de Nzog Mitang, a affirmé : « Nous sommes traités d’incompétents, mais comment obtenir des résultats avec un personnel mal formé ? » Il a plaidé pour des programmes de formation adaptés aux équipements modernes.
Frédérique Bissielou, responsable de la néonatologie à l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné, a critiqué le décalage entre les infrastructures et le niveau de formation du personnel : « Construire des hôpitaux de troisième génération sans former le personnel, c’est rendre le matériel inefficace. » Elle a aussi déploré les stagnations administratives depuis des décennies.

Enfin, le Synaps P-GA s’est adressé au président de la transition pour souligner l’urgence d’une réforme structurelle. Akouri a rappelé que « le secteur de la santé est la clé de voûte d’une économie, car un homme en bonne santé est indispensable au développement. » Il a appelé à l’application des lois relatives à la promotion des agents publics, soulignant que le climat actuel dans les hôpitaux est délétère, affectant directement les soins prodigués aux populations.
Face à cette situation critique, les agents de santé ont exhorté les autorités à agir rapidement pour rétablir la dignité du personnel de santé et améliorer la qualité des soins au Gabon.


























