Un nouveau front social s’est ouvert au sein de Trans’Urb, révélant une crise profonde qui dépasse le simple cadre salarial pour toucher à la gouvernance, à la transparence et à la survie même du service public de transport urbain. Depuis plusieurs jours, les agents multiplient les alertes, dénonçant une dégradation continue de leurs conditions de vie et de travail. Retards de salaires, absences de paiement, précarité grandissante : pour beaucoup, la situation n’est plus tenable.
Une colère nourrie par des mois de fragilisation sociale
Les témoignages recueillis dressent un tableau sombre. Des pères et mères de famille, déjà éprouvés par un pouvoir d’achat en chute libre, affirment avoir atteint un seuil critique. Certains évoquent la perte de collègues dans des contextes sociaux dramatiques, conséquence directe, selon eux, d’un abandon institutionnel prolongé.
Les discussions engagées avec le secrétariat général n’ont pas permis de dégager des solutions concrètes, alimentant un sentiment d’impasse. Les agents réclament désormais un traitement salarial régulier, des conditions de travail dignes, et surtout le départ du directoire actuel, accusé d’inefficacité chronique.
La crise de Trans’Urb n’est pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans un schéma récurrent observé depuis des années dans le secteur du transport public : gestion approximative, absence de vision stratégique, accumulation de dettes, et interventions tardives des autorités.
Les agents redoutent que les nouvelles autorités, malgré leur volonté affichée de rupture, ne soient entraînées dans ce cycle de gestion défaillante qui a fragilisé successivement plusieurs entreprises publiques.
L’enjeu dépasse donc Trans’Urb : il s’agit d’éviter que les mêmes pratiques produisent les mêmes crises.
Le projet de fusion avec la SOGATRA ajoute une couche d’incertitude. Officiellement présentée comme une opportunité de rationalisation, cette perspective suscite davantage de questions que de réponses.
Les employés s’interrogent sur leur statut, leurs droits, la pérennité de leurs postes et la transparence du processus. Dans un climat déjà tendu, ce manque de visibilité nourrit la méfiance et renforce l’impression d’un avenir professionnel suspendu.
Estimant avoir épuisé toutes les voies internes, les agents sollicitent désormais l’arbitrage du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Leur demande est claire : une intervention rapide pour sauver l’entreprise, restaurer la dignité des travailleurs et rompre définitivement avec les cycles de gestion qui ont affaibli le secteur.
Au-delà de l’urgence sociale, cette crise pose une question centrale : le pays saura‑t‑il enfin instaurer une gouvernance durable, transparente et responsable dans ses entreprises publiques ?


























