Dans son éditorial du 25 février 2026, Alain-Claude Bilie-By-Nze, chef du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), affirme que : « Quand la parole précède ou remplace l’action, elle devient un écran qui finit toujours par dévoiler ce qu’elle cherche à dissimuler. » Il conclut en posant la question qu’il juge désormais cruciale : « Après presque un an, il ne faut plus demander : “Que ferez-vous en 100 jours ?” Il faut plutôt se demander : “Qu’avez-vous réellement accompli depuis le premier jour ?” »
Bilie-By-Nze commence par dénoncer une « lecture fragmentaire de l’histoire politique » : extraire un mot ou un slogan pour en bâtir un récit sans fondement solide. Il rappelle que les termes de rupture ou de refondation ne suffisent pas à engendrer une transformation structurelle réelle au Gabon. Son propos se nourrit d’exemples historiques – les Cent-Jours de Napoléon Bonaparte en 1815 et ceux de Franklin D. Roosevelt en 1933 – où la période inaugurale est intrinsèquement liée à l’instant où le pouvoir est investi et non à un relèvement arbitraire plus tard dans le mandat.
Selon l’ancien chef du gouvernement gabonais, la notion des « 100 jours » repose sur des actes formels identifiables : discours de politique générale, investiture parlementaire et feuille de route publiée. Or, il rappelle que la fonction de Premier ministre a été supprimée dans l’architecture institutionnelle actuelle du Gabon, ce qui prive cette formule d’un ancrage constitutionnel clair. Il conclut que l’utilisation d’une telle séquence « ne doit pas servir à corriger un démarrage hésitant », mais plutôt à fixer un cap dès le premier jour du mandat présidentiel.
La force du texte réside dans son approche méthodique et son appel à la transparence institutionnelle au Gabon. Bilie-By-Nze ne se contente pas de critiquer ; il propose un cadre plus rigoureux pour mesurer la performance des dirigeants en phase inaugurale. Cette perspective encourage les acteurs politiques gabonais à réfléchir à la manière dont les procédures constitutionnelles peuvent mieux soutenir la gouvernance démocratique et éviter les détournements narratifs qui nuisent à la crédibilité publique.
En fin de compte, la tribune d’Alain-Claude Bilie-By-Nze sert de rappel que le véritable progrès politique au Gabon naît d’une analyse rigoureuse des institutions plutôt que d’un simple jeu de mots, ouvrant la voie à une gouvernance plus cohérente et transparente en Afrique centrale.


























