Au cœur du Complexe Hôtelier de la Sablière – ancien Maïsha – la Banque mondiale a donné un nouvel élan à la gouvernance durable des ressources halieutiques au Gabon. Le 25 février, un atelier de restitution des livrables du projet d’assistance technique PROBLUE, intitulé « Vers un développement durable des pêches maritimes au Gabon », a réuni les principaux acteurs du secteur, sous la houlette de la représentante résidente Aïssatou Diallo et du ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba.
Le diagnostic sectoriel – piloté par Samira El Khamlichi et soutenu par Abdelmalek Faraj et Louis Gabriel Pambo – a mis en lumière un paradoxe : un potentiel maritime abondant, mais une contribution économique qui reste largement sous-exploitée au Gabon. « Malgré un corpus juridique dense et des ressources abondantes, le secteur souffre d’un pilotage trop administratif, d’une absence de données consolidées depuis 2014 et d’une structuration insuffisante des chaînes de valeur », explique El Khamlichi. « Ces failles freinent la diversification économique et la construction d’une économie bleue performante. »
Les conclusions de l’atelier PROBLUE au Gabon ont été présentées comme un consensus partagé autour de réformes concrètes :
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Professionnalisation progressive de la pêche artisanale afin d’augmenter sa productivité et sa durabilité.
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Révision du système d’accès à la ressource et des redevances pour garantir une utilisation équitable et économiquement viable.
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Modernisation des plans d’aménagement marins intégrant les enjeux de conservation et d’exploitation responsable.
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Refondation du système statistique national via la digitalisation et la responsabilisation des opérateurs, afin d’obtenir des données fiables.
Aimé Martial Massamba a souligné l’urgence d’une transformation structurelle du secteur halieutique au Gabon : « Notre ambition est claire : rendre le secteur plus performant, plus durable et plus inclusif. Les conclusions du diagnostic ont fait l’objet d’un large consensus et appellent désormais à l’engagement rapide des réformes proposées. » Il a rappelé que « la Banque mondiale démontre son engagement à accompagner le Gabon dans la maîtrise d’un secteur stratégique pour notre souveraineté économique, alimentaire et nutritionnelle ».
Aïssatou Diallo a réaffirmé que le projet PROBLUE dépasse les simples réglementations administratives : « Le secteur de la pêche maritime dépasse largement sa dimension économique. Il est au cœur des enjeux de sécurité alimentaire, de création d’emplois, de valorisation des ressources nationales et de préservation des écosystèmes marins. » Elle a conclu que l’objectif commun est de « transformer ce potentiel en résultats concrets pour les communautés et pour les écosystèmes marins ».
L’atelier du 25 février marque ainsi une nouvelle étape pour le Gabon : passer d’une logique de simple régulation à un pilotage stratégique intégré afin de bâtir une économie bleue robuste et durable.


























