Dans le Grand Libreville, la problématique de l’insalubrité et des inondations récurrentes ne relève pas uniquement de l’insuffisance des infrastructures. Elle trouve une cause majeure dans l’incivisme des populations, dont les comportements compromettent les efforts des autorités locales et accentuent la vulnérabilité urbaine.
Les dépôts anarchiques d’ordures ménagères, le rejet de déchets dans les caniveaux et cours d’eau, ainsi que l’indifférence face aux règles de salubrité, sont devenus des pratiques courantes. Ces actes, souvent banalisés, obstruent les systèmes de drainage et transforment chaque pluie en menace. Les quartiers populaires comme Nzeng-Ayong, Akébé sont régulièrement touchés par des inondations qui paralysent la circulation, détruisent des habitations et exposent les habitants à des risques sanitaires.
Certes, l’État et les municipalités sont critiqués pour la faiblesse des infrastructures et la lenteur des interventions. Mais la responsabilité citoyenne reste centrale. L’absence de discipline collective et le manque de civisme fragilisent toute politique publique d’assainissement. Les campagnes de sensibilisation, bien que récurrentes, peinent à modifier durablement les habitudes, faute d’un suivi rigoureux et de sanctions dissuasives.
Conséquences multiples
Sanitaires : prolifération de moustiques, maladies hydriques et insécurité alimentaire liée à la contamination des eaux.
Économiques : pertes matérielles, ralentissement des activités commerciales et coûts élevés de réparation des infrastructures.
Sociales : dégradation du cadre de vie, sentiment d’abandon dès tensions entre populations et autorités.
La lutte contre l’incivisme doit être au cœur des stratégies urbaines. Cela passe par :
Un renforcement des sanctions contre les dépôts sauvages.
Une responsabilisation communautaire, avec des comités de quartier impliqués dans la gestion des déchets.
Une modernisation des infrastructures de collecte et de traitement des ordures.
Une éducation citoyenne dès l’école, pour inculquer la culture du civisme et du respect de l’environnement.
L’incivisme n’est pas une fatalité. Si les populations de Libreville adoptent des comportements responsables, les efforts institutionnels pourront enfin porter leurs fruits. La propreté et la prévention des inondations recurrentes ne dépendent pas seulement des autorités : elles sont avant tout l’affaire de chaque citoyen.


























