Dans la capitale économique, chaque billet de bateau entre Port-Gentil et Libreville est devenu un luxe. Ce qui était autrefois un trajet accessible s’est transformé en un gouffre financier, étranglant familles, étudiants, commerçants et malades.
Avant la pandémie, un billet coûtait 25 000 FCFA entre Libreville et Port-Gentil. Aujourd’hui, il faut débourser en moyenne 42 000 FCFA avec les compagnies privées. Un père de famille confie, résigné :
« Pour envoyer ma fille étudier à Libreville, il faut déjà 84 000 FCFA rien que pour l’aller-retour. Comment faire quand on a d’autres enfants à nourrir ? »
La fin des restrictions sanitaires n’a pas ramené les prix à leur niveau initial entre Libreville et Port-Gentil. Au contraire, ils semblent s’être installés durablement.
Face à ces tarifs, certains choisissent la voie terrestre via Lambaréné. Mais ce choix se paie au prix fort. « J’ai tenté une fois. Dix heures de voyage, deux correspondances, des routes en mauvais état… Je suis arrivée épuisée, et j’avais dépensé presque autant que pour un billet maritime », raconte Mireille, commerçante.
Cette alternative reste risquée, surtout pour les malades obligés de rejoindre Libreville pour des soins spécialisés.
Le coût du transport maritime rejaillit sur le prix des produits de première nécessité. Les commerçants n’ont pas le choix : « Quand mes caisses d’eau et mes cartons de lait me coûtent plus cher à transporter, je suis obligé d’augmenter mes prix. Et c’est le consommateur qui trinque », explique Fofana, boutiquier à Port-Gentil.
La question dépasse le simple transport : elle touche à la justice sociale. À quelques jours des élections, les Port-Gentillais interpellent les autorités :
Pourquoi les prix n’ont-ils pas baissé après la pandémie ?
Qui contrôle réellement ce secteur stratégique ?
Pourquoi n’existe-t-il pas une véritable alternative publique et abordable entre Libreville et Port-Gentil ?
Une étudiante lance : « Nous avons l’impression d’être pris en otage. Étudier à Libreville devient un luxe quand on vient de Port-Gentil. »
Dans les rues, le ton monte. « Trop, c’est trop », entend-on de plus en plus. Les habitants réclament une intervention de l’État, mais aussi des engagements clairs de la part des candidats aux élections du 27 septembre 2025.
« On ne veut pas des selfies ou des slogans. On veut des solutions », lâche un jeune entrepreneur.
Port-Gentil ne peut plus rester coupée du reste du pays par la cherté des billets. Les électeurs le disent haut et fort : ils voteront pour ceux qui auront le courage d’affronter ce problème vital.
Par Darlyck Ornel Angwe


























