Paul-Marie Gondjout est à la tête du ministère de la Communication et des Médias depuis le 5 mai 2025. Il hérite de ce portefeuille à un moment où les patrons de la presse privée réclament avec insistance la subvention 2025, qu’ils estiment distribuée de façon opaque.
L’une de ses premières sorties médiatiques, au nom de ce ministère, fut la visite des locaux de la maison Georges Rawiri – siège de Radio Gabon et de Gabon Télévision – ce lundi 12 mai 2025.
L’objectif : s’imprégner des conditions de travail des agents. Mais force est de constater l’ampleur du défi auquel il sera confronté : remettre sur pied un service public audiovisuel à l’agonie, épuisé, souffrant d’un sous-investissement chronique malgré la succession de plusieurs ministres, et totalement déconnecté des réalités du terrain.
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« Il faut que nous ayons une télévision et une radio de pointe », a déclaré Gondjout à nos confrères de la chaîne publique Gabon 1ère.
Face à ce constat accablant, le ministre de la Communication et des Médias a dénoncé le montant dérisoire de la subvention annuelle – 69 millions de FCFA – allouée à des médias confrontés à d’innombrables difficultés, alors même qu’ils sont censés incarner la voix institutionnelle de l’État.
Ce geste est à la fois émouvant et porteur de symbole, mais la presse privée aussi attend une attention véritable de la part du ministère. En effet, ce sont près de 200 organes de presse privée qui existent aujourd’hui au Gabon, et qui parviennent à subsister tant bien que mal. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, appelle à la pratique d’un journalisme responsable, mais encore faut-il en donner les moyens. Il est essentiel de permettre aux journalistes de se déployer, de relayer l’information, de survivre.
Les hommes et les femmes des médias exercent ce métier par conviction, portés par l’amour d’une profession noble, bien que souvent marginalisés par certaines autorités. Le journaliste ne demande qu’à exercer son métier, et à vivre décemment de sa vocation.
La presse privée attend de Paul-Marie Gondjout que sa démarche dépasse le cadre du service public, et qu’il aille aussi à la rencontre de ceux qui, dans le privé, tentent de sortir la tête de l’eau.

























