Une scène choquante s’est déroulée récemment à Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié, laissant la communauté sportive nationale sous le choc. Les joueurs de l’As Dikaki ont été brutalement expulsés de leur lieu d’hébergement, une situation révélatrice des profondes difficultés que traversent certains clubs de football gabonais.
Selon plusieurs témoins, l’expulsion a été ordonnée par la sœur du propriétaire du club de l’As Dikaki, invoquant des mois de loyers impayés pour les chambres d’hôtel où logeaient les joueurs. Cette décision, aussi radicale qu’inattendue, illustre le quotidien précaire de nombreux footballeurs évoluant au niveau national. Si certains bénéficient d’un encadrement décent, d’autres doivent se contenter de salaires dérisoires, parfois versés de manière irrégulière, fragilisant leur stabilité personnelle et professionnelle.
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Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent les joueurs délogés sans ménagement, jetés à la rue sans solution immédiate de relogement. Une situation dénoncée comme scandaleuse et humiliante par plusieurs acteurs du football local. Selon des sources proches du dossier, l’hôtel appartient à la famille du président du club, et la gérante, sa sœur, aurait alerté à plusieurs reprises les dirigeants sur la nécessité de régulariser les paiements, mais aucune réponse satisfaisante ne lui aurait été donnée.
« Nous ne pouvons plus supporter les charges sans contrepartie », aurait-elle déclaré, justifiant une action qui reste néanmoins préjudiciable pour l’image du football gabonais.
Cet incident met en lumière un problème plus profond : la gestion souvent défaillante de certains clubs du National Foot. Faute de moyens ou de rigueur administrative, les joueurs sont régulièrement laissés à eux-mêmes, parfois dans des conditions indignes de leur statut d’athlètes professionnels.
Plusieurs voix s’élèvent pour exiger une intervention rapide de la Ligue nationale de football et du ministère des Sports. Il est impératif que les autorités sportives instaurent des règles strictes pour garantir aux joueurs un cadre de vie et de travail décent. Chaque président de club doit être tenu responsable du bien-être de ses joueurs, afin d’éviter que de tels scandales ne se reproduisent à l’avenir.
À l’heure où le National foot tente de se relever après une longue période d’arrêt, cet événement vient ternir un peu plus l’image du football local. Le ministère de tutelle doit agir rapidement pour assainir les pratiques de gestion et garantir un minimum de dignité aux sportifs qui portent haut les couleurs du pays.
Le football gabonais mérite mieux. Ce scandale doit servir de leçon, pour que demain, aucun joueur ne se retrouve livré à lui-même, chassé des hôtels faute de moyens, alors qu’il a consacré sa carrière à défendre les couleurs nationales.

























