Port-Gentil, le 30 novembre 2025- Le quartier « La Colombie » a replongé, vendredi 28 novembre 2025, dans une nuit qui résonne encore comme un coup de tonnerre dans une bouteille fêlée. Levi’s Ditonga, que tous appelaient Copain, y a vu sa vie s’interrompre dans une scène où la violence s’est invitée avec la brutalité d’une déflagration. D’après les premiers éléments recueillis par les autorités, l’altercation mortelle aurait éclaté autour d’un geste anodin, devenu en quelques secondes un engrenage meurtrier rapporte notre confrère de l’OMI.
Selon les déclarations d’Ulrich Nzengue Vouma, principal suspect, celui-ci s’était rendu dans la zone vers 20 heures afin d’y récupérer un ami avec lequel il devait se rendre à la fête d’anniversaire de sa compagne. En marchant dans les ruelles déjà enveloppées par l’ombre, il croise une jeune fille qu’il connaissait. Un bref échange s’engage, rien qui ne laisse présager la tempête qui couve derrière eux.
À cet instant, Levi’s Ditonga apparaît. Lui qui était réputé pour son tempérament imprévisible se serait approché d’Ulrich avec une tension palpable, comme si un flot de rancœur s’était soudain allumé en lui. Aucun mot, aucune explication : juste un coup sec, violent, qui terrasse Ulrich et le projette au sol. Dans sa déposition, le suspect assure que la « bouteille de Sombrero » qu’il tenait s’est fracassée dans sa chute, jonchant le sol de tessons tranchants comme des lames improvisées.
Il affirme s’être relevé, le souffle court, et dans la confusion d’un moment où la peur se mélange à l’instinct, avoir porté un coup au cou de Copain avec un éclat de verre. Puis il aurait fui, pris dans le vertige d’un acte irréversible.
Transporté dans un taxi vers le Centre hospitalier régional, Levi’s Ditonga, trente ans, aurait rendu l’âme avant même d’atteindre la salle d’urgence. Son décès s’est diffusé dans La Colombie comme une traînée de poudre, enflammant colère, incompréhension et crispations dans un quartier déjà saturé par les tensions liées au banditisme et au trafic de stupéfiants.
Très vite, les jeunes du secteur se mobilisent, affirmant que « les grands » se sont lancés à la recherche d’Ulrich. Mais l’intéressé s’était déjà volatilisé, comme happé par la peur des représailles. Dans ce décor où la délinquance s’insinue dans les habitudes, certains habitants prétendent qu’Ulrich aurait pu être sous l’emprise du chanvre. D’autres contestent en soulignant que « beaucoup fument ici sans agresser personne ». Ils dénoncent plutôt une nouvelle dérive : l’injection d’eau de batterie, pratique dangereuse qui ferait perdre tout repère à ceux qui s’y adonnent.
L’enquête devra trancher : Ulrich était-il lucide ? Copain a-t-il réagi sous l’impulsion d’un conflit passé ? Une dispute a-t-elle précédé le geste fatal ? Autant de zones d’ombre que les autorités entendent dissiper.
Redoutant la vengeance du quartier, Ulrich Nzengue Vouma s’est finalement présenté au commissariat central, où il a été placé en garde à vue dans l’attente des conclusions de l’enquête.


























