Lors du 9e sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) qui s’est tenu à Pékin du 4 au 6 septembre 2024, la Chine a intensifié ses efforts pour renforcer ses liens économiques avec le Gabon, profitant d’une baisse significative de l’influence française dans le pays.
En une décennie, la part de marché de la France au Gabon a chuté de 40 % à 25 %, une tendance qui s’inscrit dans une érosion plus globale de la présence française sur la scène internationale. Actuellement, le Gabon se classe au 75e rang des partenaires commerciaux de la France, étant son 166e client et son 184e fournisseur. Toutefois, au sein de la région Afrique-Océan Indien, le Gabon demeure le cinquième client de la France, son neuvième fournisseur, et représente 5,36 % des exportations françaises dans cette zone.
En parallèle, le Gabon et la Chine ont conclu un accord pour renforcer leur coopération dans les domaines de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme. Ce partenariat dépasse la simple coopération militaire, s’étendant aux programmes de formation, au partage de renseignements, et à la fourniture d’équipements militaires. Il englobe même des opérations conjointes, marquant un net basculement de la coopération avec la France vers un partenariat stratégique avec la Chine.
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la continuité des relations initiées sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, et semble perdurer sous le régime du président Oligui Nguema, qui privilégie de plus en plus la coopération sino-gabonaise. Lors du forum France-Gabon du 29 mai 2024 à Paris, bien que des promesses d’investissements d’environ un milliard d’euros aient été faites, principalement dans les infrastructures portuaires, ferroviaires et routières, elles ont rapidement été éclipsées par les engagements chinois. En seulement quelques jours, Pékin s’est engagé à investir 4,3 milliards de dollars au Gabon, soit quatre fois plus que les promesses françaises, illustrant ainsi l’influence grandissante de la Chine.
Le Gabon, qui devient un acteur clé dans les ambitions géopolitiques de la Chine en Afrique, suscite de plus en plus l’intérêt, mais aussi les inquiétudes, notamment du côté des États-Unis. L’installation d’une base navale chinoise au Gabon alarme particulièrement Washington, en raison de son implication stratégique dans le Golfe de Guinée. Ce projet, qui fait partie d’une coopération militaire étroite, soulève de nombreuses questions sur les conséquences géopolitiques à long terme de cette alliance sino-gabonaise.


























