La scène politique gabonaise s’enflamme suite à la divulgation du projet de Constitution sur les réseaux sociaux. Préparant un référendum constitutionnel avant la fin de l’année, les partisans des militaires au pouvoir se mobilisent pour promouvoir le « oui ». Ce texte prévoit notamment un mandat présidentiel de 7 ans, renouvelable une fois, et limite l’âge des candidats à la présidence entre 35 et 70 ans. Selon certains critiques, ce projet serait façonné pour renforcer l’autorité du général Oligui Nguema, favorisant un régime autoritaire, tandis que l’opposition appelle à rejeter cette proposition en votant « non ».
Les soutiens des militaires s’organisent rapidement autour de figures influentes. Gervais Oniane, ancien candidat à la présidentielle de 2023 et leader de l’Union pour la République (UPR), incarne cette dynamique de soutien. « Ce projet est une réponse claire aux aspirations des Gabonais. Il est essentiel que le régime présidentiel soit renforcé et que la nationalité gabonaise, de père et de mère, soit une condition pour accéder à la présidence », a-t-il déclaré, appelant au vote pour le « oui ».
Guy Patrick Obiang Ndong, ancien ministre de la Santé et proche de l’ex-Première Dame Sylvia Bongo, exprime également son adhésion à ce projet. Lors d’une allocution publique, il a affirmé que ce référendum permettrait au pays de « poursuivre sa dynamique de développement sous la direction éclairée du président Oligui Nguéma ». Selon lui, le texte constitutionnel offrira au Gabon une stabilité nécessaire pour prospérer économiquement et socialement.
L’un des aspects les plus discutés de cette réforme est la suppression du poste de Premier ministre, jugé non prioritaire. Pour Emmanuel Edou Eyene, l’actuel Premier ministre et président de l’Alliance patriotique, semble enclin à soutenir cette suppression, arguant que « ce n’est pas le poste de Premier ministre qui importe aux Gabonais, mais bien la viabilité du projet dans son ensemble » rapporte notre confrère de RFI. Cette déclaration témoigne de l’unité des membres du gouvernement derrière ce projet.
Cependant, l’opposition demeure farouchement hostile car elle voit l’institutionnalisation d’un régime autoritaire. Pierre Claver Maganga Moussavou, figure politique historique, dénonce un projet « sur mesure » pour le président Oligui Nguéma, qu’il accuse de vouloir concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Il appelle à voter « non », qualifiant le projet d’instrument d’une future dictature.
Le mouvement citoyen « Référendum, je vote NON » critique également des articles du nouveau code électoral, les jugeant contraires aux principes démocratiques. Leur requête déposée devant la Cour Constitutionnelle de Transition vise à obtenir la réécriture de ce code qu’ils considèrent comme une menace pour le pluralisme politique en favorisant un régime autoritaire.
L’approbation de ce projet de Constitution, avant le référendum, repose sur l’examen préalable par le Parlement, attendu dans les prochains mois.











































