Le Sommet de Madrid, réunissant plus de 60 pays les 22 et 23 octobre 2025, constitue un appel politique décisif pour rompre l’isolement des enjeux hydriques et climatiques. Placé sous le thème fédérateur « Briser les silos », son objectif est clair : transformer l’urgence vécue par des centaines de millions d’Africains – dont 400 millions sans accès à une eau potable sûre en Afrique subsaharienne – en actions politiques coordonnées et mesurables.
L’analyse de la situation révèle que les vulnérabilités africaines sont structurelles et amplifiées par les dérèglements climatiques. Les sécheresses chroniques au Sahel ou dans la Corne de l’Afrique ne sont pas des phénomènes isolés ; elles traduisent directement l’inaction collective face au changement climatique. L’approche traditionnelle, qui traite séparément l’eau, l’assainissement et le climat, a échoué à garantir l’Objectif de Développement Durable n°6 (ODD 6). Le Sommet de Madrid vise précisément à corriger cette fragmentation en favorisant l’intégration des politiques publiques.
Un résultat stratégique majeur attendu lors de ce Sommet de Madrid est l’établissement d’un Pacte de haut niveau sur la sécurité hydrique et la résilience. Ce pacte est essentiel car il doit dépasser les simples déclarations d’intention. Il doit imposer aux gouvernements africains des engagements fermes assortis d’un mécanisme de responsabilité mutuelle. Sur un continent où l’accès aux services de base demeure précaire, ce suivi transparent représente la seule garantie que les fonds mobi.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























