À l’approche des sénatoriales prévues les 8 et 29 novembre 2025, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), parti du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, affiche une ambition sans équivoque : rafler 55 des 70 sièges du Sénat. Une stratégie qui interroge sur la pluralité démocratique dans le Gabon post-coup d’État.
Déjà largement majoritaire à l’Assemblée nationale avec plus de 103 députés, l’UDB poursuit son expansion institutionnelle avec une liste de candidats soigneusement répartis dans les neuf provinces du pays. Officiellement, le parti met en avant des critères de parité, d’expérience et d’équilibre géographique. Mais derrière cette façade inclusive se dessine une volonté de contrôle total du pouvoir législatif.
Parmi les figures en lice, on retrouve des personnalités connues du paysage politique gabonais : Paul Biyoghe Mba dans l’Estuaire, Justin Ndoundangoye dans le Haut-Ogooué, ou encore Liliane Annette Bahoumbou dans la Nyanga. Ce casting, mêlant anciens ministres et nouveaux visages, illustre une stratégie de consolidation plutôt que de renouvellement.
L’UDB se présente comme le moteur de la stabilité et du développement, mais cettehégémonie programméesoulve des inquiétudes. Où est l’opposition ? Quelle place reste-t-il pour le débat démocratique ? La concentration du pouvoir dans un seul parti, même sous couvert de transition, rappelle les dérives des régimes autoritaires.
Alors que le Gabontente de se réinventer après lachute du régime Bongo, cette mainmise sur les institutions pourrait compromettre les espoirs de refondation démocratique. Le pluralisme politique, pilier de toute république, semble relégué au second plan au profit d’une logique de verrouillage institutionnel.
La question n’est plus seulement électorale, elle est systémique : l’UDB façonne un Sénat à son image, dans un pays où l’alternance reste une promesse très lointaine.


























