Le Gabon vient d’opérer un virage ambitieux dans la gestion de ses projets publics : 675 initiatives de développement sont désormais suivies via une plateforme numérique interactive. Cette cartographie nationale, alimentée par l’outil Power BI, permet une visualisation en temps réel de l’état d’avancement des projets répartis sur les neuf provinces du pays. Une avancée saluée comme une révolution silencieuse par les autorités.
Mais au-delà de la prouesse technologique, une question cruciale demeure : celle de l’intégrité des agents en charge de ces projets.
Transparence affichée, efficacité espérée
Chaque projet est doté d’un identifiant unique, d’une fiche technique, d’un calendrier et d’un niveau d’exécution chiffré. Le système promet une planification rigoureuse, une redevabilité accrue et une implication citoyenne renforcée. Les partenaires internationaux, dont la Banque mondiale, soutiennent cette initiative qui pourrait faire du Gabon un modèle régional.
Si la technologie permet de suivre les projets, elle ne garantit ni leur bonne exécution ni leur pertinence. L’histoire récente du pays est jalonnée de chantiers inachevés, de détournements et de promesses non tenues. Sans un renforcement éthique et institutionnel, le numérique risque de masquer les mêmes travers sous une couche de données.
La réussite de cette réforme dépendra de la probité des agents publics, de la capacité des institutions à sanctionner les dérives, et de la volonté politique de faire de la transparence un principe, non un slogan. Le suivi numérique ne doit pas devenir un alibi, mais un levier de transformation réelle.










































