À peine un mois après sa création, le gouvernement virtuel de Salut national initié par Daniel Mengara est secoué par une vague de démissions. Quatre ministres fictifs Jacques Janvier Rop’s Okoué Edou (Économie et Finances), Georges Augowet (Défense), Allhen Alhan Ambamany (Intérieur) et Jean-Baptiste Nyonda (Culture) ont annoncé leur retrait collectif, dénonçant un climat délétère marqué par un scandale sexuel impliquant leur chef et une absence de crédibilité politique.
Dans leur communiqué, les démissionnaires pointent une affaire judiciaire en cours en France, où Daniel Mengara est visé par une plainte pour viol et chantage. Bien qu’il soit présumé innocent, ils estiment que son maintien à la tête du gouvernement virtuel nuit à l’intégrité de l’initiative. Ils dénoncent également son refus de se mettre en retrait, le temps que la justice établisse les responsabilités. Cette situation fragilise encore plus l’image de Daniel Mengara auprès de l’opinion publique et de ses soutiens.
Au-delà de l’affaire, cette crise révèle les limites structurelles d’un projet politique fondé sur une mise en scène numérique. Daniel Mengara, qui avait déjà tenté dans les années 2000 de créer un gouvernement parallèle en exil, semble rejouer une stratégie qui peine à convaincre. Ses multiples tentatives de candidature à la présidentielle — en 2009, 2016 et 2025 se sont toutes soldées par des échecs, faute de caution ou de mobilisation. Les critiques estiment que Daniel Mengara s’enferme dans une logique répétitive sans perspective d’évolution réelle.
Sur le terrain, le gouvernement virtuel ne suscite ni adhésion populaire ni reconnaissance institutionnelle. Les autorités gabonaises n’ont jamais pris au sérieux cette autoproclamation, la qualifiant de farce politique. Même au sein de la Gabonosphère, l’initiative semble davantage alimenter les débats en ligne que mobiliser les citoyens. Cette absence d’impact concret interroge sur la pertinence de l’action de Daniel Mengara dans le champ politique national.
Dans un droit de réponse, Daniel Mengara dénonce une instrumentalisation politique visant à le discréditer. Mais pour de nombreux observateurs, cette séquence illustre une impasse stratégique : celle d’un activisme numérique sans ancrage réel, où la quête de visibilité semble l’emporter sur la construction d’une alternative crédible.


























