Depuis quelques jours, ils sont nombreux du Mouvement de la main-d’œuvre non permanente (MONP) à envahir les principaux gouvernorats des principales villes du Gabon, ainsi que certaines préfectures dans divers départements.
Tout au long de la semaine écoulée, jusqu’à ce jour, ces travailleurs ont décidé de se lever et de monter au créneau. Après une première mobilisation en janvier dernier, ces travailleurs, souvent invisibilisés, réclament toujours les mêmes droits fondamentaux : une intégration à la fonction publique, une harmonisation des salaires et le paiement des cotisations sociales à la CNSS.
À travers le pays, les agents de la main-d’oeuvre non permanente se sont levés pour revendiquer leurs droits et faire parvenir leurs messages aux plus hautes autorités. De nouveaux piquets de grève ont émergé, notamment devant le gouvernorat de Port-Gentil dans la province de l’Ogooué-Maritime et celui de la commune de Mouila dans la province de la Ngounié. Vêtus de rouge, ils étaient présents devant le gouvernorat au bord de la lagune Ngounié. De l’Ogooué-Maritime à la Ngounié, les revendications sont les mêmes.
« Nos revendications n’ont toujours pas trouvé satisfaction auprès de nos autorités. Nous revendiquons l’harmonisation de nos salaires, le basculement à la fonction publique et l’apurement de la dette CNSS », affirme Annick Nzaboussa Koumassi-Mavioga, porte-parole du collectif.
La situation de ces agents est d’autant plus critique que certains cumulent 12, 15, voire 20 ans de service, sans la moindre garantie de retraite. Malgré des prélèvements pour la CNSS effectués sur leur salaire, aucune cotisation n’a été reversée depuis plus de 12 ans, les exposant à une retraite sans pension.
« Nous sommes marginalisés parmi les agents de l’État. Oligui Nguema, dans ce groupe, il y a tes collègues du lycée d’État de Port-Gentil, il y a tes sœurs qui ont joué aux billes avec toi. On voudrait que notre situation change », interpelle Annick Nzaboussa Koumassi-Mavioga.
Avec des salaires avoisinant 150 000 FCFA, primes comprises, la vie de ces travailleurs est un combat quotidien. Comment survivre avec une prime de logement de 18 000 FCFA et une prime de transport de 35 000 FCFA ? Les revendications de ces pères et mères de famille ne concernent pas seulement leur avenir, mais aussi celui de leurs enfants. « Nos enfants ont le bac mais restent bloqués à l’UOB, car même une école supérieure à Libreville est hors de notre portée. Comment payer les études avec un salaire de misère ? », déplore le collectif.
Face à la précarité grandissante à travers le pays, il est impératif aujourd’hui que ces pères et mères de famille voient leurs situations changer, car il est impossible de tenir ou de joindre les deux bouts avec des moyens si insignifiants.
À travers le Gabon, si cet appel n’est pas entendu, ils continueront à faire entendre leur voix. Malgré les intimidations, ils sont décidés à aller jusqu’au bout. Nous ne pouvons que souhaiter que ce problème trouve rapidement une solution.


























