À quelques jours du scrutin, une brume d’incertitude et de suspicion enveloppe le premier siège de Ntoum, où le scrutin législatif et local s’annonce déjà comme un champ miné pour la démocratie. Des voix anonymes, empreintes d’amertume, murmurent que « les dés seraient jetés avant même l’ouverture des urnes ». L’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) se retrouverait ainsi au cœur d’un tourbillon d’accusations, où l’opacité semble danser avec la manipulation.
Tout serait parti d’une formation de scrutateurs jugée partiale et d’une vidéo virale diffusée le jeudi 16 octobre 2025, semant le doute dans l’esprit des électeurs. « Tous les scrutateurs seraient estampillés UDB », dénoncent plusieurs témoins, ulcérés par ce qu’ils qualifient de « mainmise flagrante sur le processus électoral ». Dans un audio troublant, le président de la commission électorale provinciale de l’Estuaire serait cité comme un acteur potentiel de ce « complot silencieux », destiné à faire triompher l’UDB avant même le verdict des urnes.
Du côté du Parti démocratique gabonais (PDG), la colère gronde. Les cadres locaux affirmeraient « ne pas se reconnaître dans les scrutateurs actuellement formés ». Plus encore, ils soutiennent que certains d’entre eux « auraient déjà officié à Bitam sous les couleurs de l’UDB », une accusation qui jetterait une ombre lourde sur la neutralité du processus.
Au centre de cette tempête, un nom revient avec insistance : Aurélien Mintsa Mi Nguema, soupçonné d’avoir « juré de faire basculer l’élection de ce côté-là ». Selon ses détracteurs, les scrutateurs désignés seraient « le fruit d’une stratégie concertée » entre lui et Aboghe Nzet Éric, tête de liste UDB aux locales. Une alliance qui, pour beaucoup, s’apparente à une mécanique bien huilée du contrôle électoral, où chaque pion serait déjà à sa place avant la partie.
L’ombre du pouvoir parallèle plane également à travers la figure du trésorier de l’UDB, frère cadet du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Certains observateurs murmurent qu’il « rebattrait les cartes à sa guise », jouant un rôle de faiseur de roi dans une partie où les dés semblent pipés. D’aucuns vont jusqu’à le qualifier de « président bis », une formule qui en dit long sur la perception d’une influence familiale dans les arcanes politiques locales.
Face à cette atmosphère de défiance, le premier siège de Ntoum apparaît comme un miroir brisé de la transparence électorale. Chaque éclat reflète une vérité fragmentée, un doute persistant, une confiance égarée. « La vigilance doit être la clé », avertissent plusieurs observateurs, appelant la presse, les électeurs et les représentants des candidats à veiller sur chaque urne, chaque bulletin, chaque geste.
L’histoire récente du pays enseigne que la démocratie, sans transparence, devient un théâtre d’ombres où les acteurs jouent à huis clos. À Ntoum, le rideau n’est pas encore levé, mais déjà, l’écho des soupçons résonne plus fort que la voix du peuple.


























