Une vive polémique secoue les réseaux sociaux depuis la découverte de sacs à main de luxe commercialisés par la marque européenne Keur Amy Langseth, ornés de reproductions de masques Kota, emblèmes sacrés du Gabon. Présentés comme des objets d’art, ces accessoires sont vendus à des prix élevés, sans aucune mention de collaboration ou d’autorisation des autorités culturelles gabonaises.
Les masques Kota, traditionnellement utilisés comme reliquaires funéraires et symboles spirituels, sont bien plus que des motifs décoratifs : ils incarnent l’identité, la mémoire et la dignité d’un peuple. Leur détournement à des fins commerciales, sans reconnaissance ni respect des codes culturels, soulève une indignation légitime au sein de la société civile, des artistes et des défenseurs du patrimoine.
Appropriation culturelle ou hommage mal avisé ?
La fondatrice de la marque affirme vouloir « célébrer l’art africain », mais cette démarche, perçue comme un hommage, s’apparente à une appropriation culturelle décomplexée, où l’esthétique prime sur l’éthique. Aucun partenariat avec le Gabon, aucune redevance culturelle, aucune consultation des communautés concernées : le silence institutionnel est assourdissant.
Le ministère de la Culture interpellé
Face à cette affaire, il est impératif que le ministère gabonais de la Culture prenne position. Il en va de la protection du patrimoine immatériel, de la souveraineté culturelle et du respect des peuples autochtones. Laisser faire, c’est cautionner une marchandisation de l’identité nationale.
Le Gabon doit exiger des explications, envisager des recours juridiques, et surtout mettre en place des mécanismes de valorisation et de protection de ses symboles culturels. Car derrière chaque masque Kota reproduit sans autorisation, c’est une part de l’histoire gabonaise qui est effacée, banalisée, et vendue au plus offrant.












































