Ali Akbar Onanga Y’Obegue, docteur en droit et ancien ministre, alerte sur la reproduction inquiétante des dérives qu’il qualifie de « pratiques anti-démocratiques », au sein de la transition conduite par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI). Dans une analyse lucide et percutante, il dénonce les décisions controversées et appelle à une mobilisation nationale pour sauver la démocratie gabonaise.
Selon Onanga Y’Obegue, le CTRI, intervenu pour corriger les abus du régime déchu, « s’engage progressivement sur une voie autoritaire ». L’adoption d’une nouvelle Constitution, loin d’être inclusive, illustre cette dérive : « Les consultations ont été des mascarades et les critiques balayées d’un revers de main« . Il souligne le taux d’abstention historique au référendum constitutionnel, qui témoigne d’un rejet populaire massif.
Il pointe également la rédaction du nouveau code électoral, confiée exclusivement au CTRI. Cette approche, rappelle-t-il, « résonne comme un écho des manipulations unilatérales du passé ». Pire, le retour du contrôle des élections au ministère de l’Intérieur marque une « régression majeure », compromettant l’impartialité nécessaire à des élections transparentes.
Dispositions discriminatoires et militarisation
Les restrictions d’éligibilité, notamment l’exclusion des citoyens de moins de 35 ans et de plus de 70 ans, sont jugées discriminatoires et contraires aux standards internationaux. « Ces mesures traduisent une volonté manifeste de verrouiller le jeu politique », accuse Onanga Y’Obegue. Plus préoccupante encore est la levée des incompatibilités pour les militaires, qu’il qualifie de « danger majeur pour l’avenir démocratique du Gabon ». Le Dr Ali Akbar Onanga Y’Obegue voit en cela des pratiques anti-democratiques du CTRI.
En s’appuyant sur les exemples du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, l’auteur rappelle que les promesses de ruptures militaires non tenues mènent souvent à des crises profondes. Il met en garde : « Ces trajectoires montrent que la personnalisation du pouvoir aboutit invariablement à l’échec et au chaos ».
Un appel à l’action collective
L’auteur exhorte les Gabonais à refuser l’indifférence et à défendre la démocratie. Il appelle à une révision inclusive du cadre juridique, à l’indépendance de l’organe électoral, et à la garantie des libertés fondamentales. « Le Gabon mérite mieux que la répétition des erreurs du passé », conclut-il avec gravité.


























