Dans libre propos du débat de Missélé eba’a tout semble désormais foutu, Télesphore Obame Ngomo fustige le fait que le président Ali Bongo Ondimba soit pris en otage par des gens de son entourage sans légitimité ni légalité. Lecture!
La méthode Fillon est celle qui semble en cours d’application pour nos impostures au sommet de l’État. En effet, voici plusieurs mois que nous ne cessons de crier qu’Ali Bongo serait l’otage de gens sans aucune légitimité et sans la moindre légalité. Or, dans l’esprit du général de Gaulle, quand il crée la cinquième République, l’élection du président de la République au suffrage universel direct visait à sécuriser la fonction qui était trop dépendante du régime des partis et des notables qui l’avaient élu.
Au niveau du Gabon, le défaut constaté est que ce n’est ni l’assemblée nationale, ni le gouvernement qui emprisonnent le président de la République mais ses proches. Ces derniers n’ont pourtant aucune légitimité et aucune légalité. Le constituant doit plancher maintenant sur cette situation afin que la prochaine personne qui occupera le poste ne nous fasse pas subir les caprices de son entourage. Des décisions impopulaires aux grossiers enrichissements personnels, on le voit bien, rien ne porte la marque ou l’ADN d’Ali Bongo Ondimba. Le Gabon navigue en pleine imposture.

Aussi, les transgressions commises poussent à affirmer que tout semble désormais foutu pour le clan Ali Bongo au pouvoir. Autrement dit, qu’on dégage Édith Cresson et son gouvernement moribond, cela ne va plus rien changer. La médiocrité est honorée, l’incompétence constatée et les carottes plus que jamais cuites.
Qu’on tente de réconcilier la famille Bongo Ondimba ou qu’on serve aux membres de leur clan les postes les plus juteux dans la haute administration, cela ne va plus rien changer. Dans la famille voire dans le clan, ils considèrent avoir perdu ce qu’ils pensaient être à eux. Ceci est justifié par le fait qu’ils subissent les mêmes difficultés quotidiennes que la majorité des gabonais. C’est dire que les carottes sont bien cuites.
Qu’on sorte les cadres Obamba en prison, qu’on invite Jean Pierre Lemboumba ou Alfred Nguia Banda à regagner le pays, qu’on redonne aux cadres altogovéens les fonctions les plus prisées de l’administration publique et politique, cela ne changera rien. Le désamour semble acté. Le clan Ali Bongo est allé trop loin dans le mépris des codes de sauvegarde du pouvoir.
Qu’on demande aux frères de lumière ou fils de la veuve de voler au secours d’un frère en difficulté, qu’on tente de former une chaîne d’union en vue d’une certaine solidarité maçonnique, cela ne changera rien. Les frustrations des frères dans les colonnes sont profondes. La violation des principes appelle à un retour aux fondamentaux qui est incompatible avec la présence de cette imposture au sommet de l’État.
Qu’on donne le secrétariat du PDG à Yves Fernand Mamfoumbi qui collectionne l’amour de la fête et la générosité omarienne tant recherchée, deux éléments existentiels du parti de masse, qu’on remette aux premières loges du parti les derniers rénovateurs encore debout, cela ne changera rien. Les humiliations et la paupérisation des cadres du parti ont signé un pacte moral de non-retour.
Qu’on aille charmer les dignitaires de la République, s’humilier devant les autres chefs d’état voisins, pleurnicher devant le roi du Maroc, s’aplatir devant la France et l’Union européenne, cela ne changera rien. La défiance et l’insolence affichées ont dépassé le sens du raisonnable. Ce n’est pas en psalmodiant de façon ridicule « vive le Commonwealth » que la francophonie perdra ses racines au Gabon. La France et ses valeurs demeurent notre allié sûr.
De toutes ces fractures constatées, bien malin serait celui qui osera se lancer dans un défi de reconquête ou de réconciliation. Qu’il sache que, soit il finira au mieux en prison soit au pire il sera invité à tutoyer les vers en séjournant désormais deux mètres et demi sous terre. Mépriser avec autant d’arrogance l’État de droit, les institutions de la République, les gardiens du temple constitutionnel et spirituel, c’était s’assurer une fin certaine au sommet de l’État.
Voler de façon aussi grossière, comme le confirment les informations vérifiées de l’enquête parlementaire menée par Angélique Ngoma et Aurélien Ntoutoume à la demande de l’ancien premier ministre Julien Nkoghe Bekalé ainsi que toutes les révélations faites par certains services financiers étrangers, et se permettre de menacer à tout va, de rompre des contrats ou des accords, de jeter en prison d’autres compatriotes au motif non vérifié, instrumentaliser la justice et les forces de sécurité et de défense, voici des gens qui finiront au mieux comme Jérôme Cahuzac au pire comme François Fillon.
Rien ne se perd. Rien ne se crée. Tout se transforme. Désormais, tout semble être foutu pour les collégiens du bord de mer et leur source d’inspiration. La fin du désordre au sommet de l’État est plus qu’évidente et imminente. Comme le disait Félix Houphouet Boigny au sujet du conflit arabo palestinien » il n’y a que Dieu qui peut arranger cette affaire « . C’est exactement la même situation pour le clan Ali Bongo Ondimba. Il n’y a que Dieu seul qui peut encore lui permettre de se constituer un attelage sérieux, capable de lui faire espérer la validation de sa candidature aux primaires du PDG et peut-être à l’élection présidentielle à venir.
En s’amusant avec le pouvoir au nom du chef de l’État, les collégiens et leur source d’inspiration ont fait sauter toutes les digues de sécurité et de garantie du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Ils n’ont pas pensé à demain ou à l’éventualité de répondre devant la justice comme ce fût le cas pour Saïd Bouteflika qui filait le même coton. Comptons les jours en haut et les jours en bas pour vivre la fin de ce cinéma de mauvais goûts.
Par Télesphore Obame Ngomo


























