À Koula-Moutou, chef-lieu de la province de l’Ogooué-Lolo, Émeri Mbiaka, un homme de 36 ans a mis fin à ses jours par pendaison, dans ce qui apparaît comme un drame conjugal aux résonances sociales plus larges. Une scène macabre qui a choqué la petite localité tout récemment. Selon le quotidien L’Union, le corps sans vie d’Émeri Mbiaka a été découvert par sa compagne dans leur domicile du quartier Koungou, au retour d’un retrait de deuil. Ce geste tragique, survenu après une dispute conjugale, soulève des interrogations sur les fragilités psychologiques et les silences qui entourent les détresses individuelles.
Ancien employé d’une société forestière, Émeri Mbiaka, vivait depuis plusieurs mois dans une situation de précarité, sans emploi stable. Ce retour au foyer familial, loin d’apaiser les tensions, semble avoir exacerbé les conflits au sein du couple. Selon les proches, les disputes étaient fréquentes, et la compagne avait été encouragée à s’éloigner temporairement pour éviter une escalade. À son retour, elle découvre l’irréparable : une corde solidement nouée autour du cou de son compagnon, suspendu dans leur chambre.
Ce drame, au-delà de son caractère intime, met en lumière un malaise plus vaste. Il interroge sur l’absence de dispositifs d’écoute et d’accompagnement psychologique dans les zones reculées du pays. Le suicide, souvent tabou, reste mal compris et peu pris en charge, alors qu’il reflète une souffrance profonde, souvent liée à l’isolement, à la précarité et à l’absence de perspectives.
L’ouverture d’une enquête judiciaire permettra peut-être de mieux cerner les circonstances exactes du drame. Mais elle ne suffira pas à combler le vide institutionnel en matière de santé mentale. Ce fait divers tragique devrait alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de renforcer les structures de soutien psychologique, de médiation familiale et de prévention du suicide.
Car derrière ce geste désespéré d’Émeri Mbiaka,, c’est toute une société qui doit apprendre à écouter, à prévenir et à tendre la main avant qu’il ne soit trop tard.

























