L’arrestation de César Opiangah, frère aîné d’Hervé Patrick Opiangah (HPO), suscite de vives interrogations sur les motivations réelles de cet acte. Selon L’Union et La Justice , le mandat de dépôt viserait à forcer César à révéler la localisation de son cadet, Hervé Patrick Opiangah, un acte qualifié d’enttrave à la justice. Cependant, la question demeure : sur quelles bases solides repose cette accusation ?
L’on s’étonne de voir une telle répression s’abattre non seulement sur César, mais aussi sur d’autres membres de la famille d’HPO : fils, neveux et nièces, pris dans les filets d’une enquête qui semblent davantage guidé par des impératifs politiques que par une quête de vérité. Cette situation illustre une forme d’injustice flagrante. Loin d’agir comme garant de l’équité, l’appareil judiciaire s’apparente ici à un outil de pression, voire de vengeance.
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Comme le souligne un éditorial de La Justice , « si César est coupable, c’est seulement d’avoir un frère trop encombrant pour le pouvoir en place ». Les preuves manquent, et l’arrestation semble davantage relever d’une tentative désespérée de contraindre un homme à livrer des informations qu’il pourrait ignorer. En effet, HPO n’a pas été retrouvé chez son frère, ce qui affaiblit d’autant plus les accusations. Peut-on réellement contraindre un citoyen à répondre de faits qui ne sont pas les siens ?
Une affaire aux racines plus profondes
Quant à Hervé Patrick Opiangah lui-même, cette récente résurgence de l’affaire de mœurs au sein de la justice apparaît comme un écran de fumée. Rappelons qu’avant même le coup d’État du 30 août 2023, ce dossier faisait déjà grand bruit sous le règne d’Ali Bongo. Pourtant, les putschistes, bien informés de cette affaire, ont choisi de faire d’HPO un allié de poids. Il était alors vu comme un pont entre les militaires et l’opposition, notamment le groupe mené par Albert Ondo Ossa (A20).
Malgré les protestations de la population, amplifiées par certains médias, HPO a accédé à un poste ministériel au sein du gouvernement de transition. Ce choix, perçu comme un « deal » tacite, a provoqué un tollé. Toutefois, le chef de la junte, à la tête des services de renseignement, ne pouvait ignorer les accusations qui pesaient sur HPO. Pourquoi alors l’avoir hissé à de si hautes fonctions ?
Le retour de situation
Le contexte change brusquement après le 14 novembre 2024, date à laquelle HPO appelle publiquement à voter « non » au référendum. Il rappelle alors au Président de la Transition leur « contrat », affirmant : « Mon général, ce n’est pas ce qu’on s’était dit. » Ce désaccord marque un tournant. Peu après, HPO porte plainte pour « complot étatique », dénonçant un acharnement politique avant de disparaître. Comme par hasard, l’affaire de mœurs refait surface, laissant penser à un règlement de comptes savamment orchestré.
Une dérive autoritaire déguisée en justice?
« On ne musèle pas un homme sans raison », écrit L’Union . À travers cette stratégie d’intimidation, les putschistes semblent vouloir faire taire un ancien allié devenu gênant. Ce ne serait plus simplement une affaire judiciaire ; ce serait une bataille de pouvoir déguisée en quête de justice.
Les citoyens sont en droit de demander des comptes. Quels étaient les termes du « deal » passé entre HPO et la junte dirigée par Oligui Nguema ? Pourquoi cette affaire éclate-t-elle précisément maintenant ? Plus largement, que reste-t-il de la liberté d’expression et de pensée dans un régime qui se dit libérateur ?
Par Roland OLOUBA OYABI, Directeur de Publication de Gabon Mail infos, diplômé de l’École supérieure de Journalisme de Lille et de l’Université de Lille puis diplômé en Management de l’Université de Johannesburg












































