Après un séjour en Belgique, où il fut l’hôte du président du Conseil européen Charles Michel, le président de la Transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est envolé pour l’Égypte. Une rencontre officielle avec Abdel Fattah al-Sissi est prévue, au cours de laquelle les deux chefs d’État exploreront les voies de coopération diplomatique et économique. Mais derrière les discussions officielles, un écho singulier se dessine : celui d’un destin croisé entre ces deux hommes, unis par l’uniforme et l’audace des tournants historiques.
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Abdel Fattah al-Sissi, avant d’émerger comme figure centrale de l’Égypte contemporaine, servait en tant que directeur des renseignements militaires sous la présidence d’Hosni Moubarak. Ce passé résonne avec celui d’Oligui Nguema, qui fut proche du pouvoir en tant que chef de la Garde républicaine d’Ali Bongo Ondimba et chef du renseignement. Tous deux furent des témoins silencieux, mais stratégiquement placés, d’un régime en déclin avant de prendre la relève à travers des actions décisives.
En 2013, face à un État égyptien fracturé par les protestations contre Mohamed Morsi, al-Sissi estimait que l’armée devait préserver les institutions en péril. Ce rôle culmine avec le renversement du président élu, lors d’un coup d’État militaire salué par une partie de la population en quête de stabilité. Sept ans plus tard, en août 2023, le Gabon connaît une situation similaire : le rejet massif d’un troisième mandat d’Ali Bongo Ondimba, accompagné d’allégations de fraude, poussa Oligui Nguema, alors à la tête du Comité pour la Transition et la restauration des institutions (CTRI), à renverser le régime en place.
Cependant, au-delà des événements factuels, c’est la symbolique qui interpelle. L’ascension d’al-Sissi à la présidence de l’Égypte, entérinée par une élection en 2014 où il a obtenu 96 % des suffrages, pourrait-elle inspirer Oligui Nguema dans sa quête de légitimité pour 2025 au Gabon ? Si les contextes diffèrent, l’expérience égyptienne pourrait offrir au dirigeant gabonais une feuille de route, un modus operandi pour s’ancrer durablement dans l’histoire politique de son pays.
Ce rapprochement entre deux chefs militaires du Gabon et de l’Égypte transcende les frontières. Leurs trajectoires évoquent une solidarité tacite, celle de figures forgées dans les turbulences, transformant l’uniforme en étendard politique. Ces destins croisés rappellent que parfois, le pouvoir naît du chaos, mais sa pérennité dépend de la capacité à reconstruire véritablement sur des valeurs partagées par tous. Le modèle égyptien va-t-il être le modus operandi du Général président du Gabon ?


























