Dans la lancée de ce qui se passe en Guinée, Hubert Oboulougou exprime son avis sur la nécessité de toujours laisser les gens s’exprimer dans un pays, peu importe leur bord politique ou convictions personnelles. Nous vous livrons son propos.
Des milliers de personnes ont perdu leur travail, leur amitié, les bonnes relations d’antan avec le pouvoir et ceux qui se considèrent comme ardents défenseurs de celui-ci pour n’avoir dit que la vérité.
A cause de la vérité, nombreux sont traités d’opposants, exécrés, vilipendés, menacés de mort, surveillés mieux que de l’huile sur le feu. Avec eux, leurs familles et leurs amis et connaissances aussi.
Et pourtant, les tenants du pouvoir claironnent tous les jours la probité morale, la fidélité, la sincérité, etc. Mais quand un homme ou une femme choisit de dire ce qu’il pense, pourvu que cette vérité gêne un peu, il est aussitôt voué aux gémonies.
Quelle société voulons-nous bâtir ? Comment peut-on prôner la liberté et construire une société pleine d’hypocrites qui taisent ce qu’ils pensent réellement ?
Même si pour des raisons d’estomac, un homme venait à reconsidérer ce qu’il disait hier pour plaire au pouvoir, c’est sa Parole publique qui sera filtrée mais pas la réalité de sa pensée critique au dedans de lui. Il va continuer à observer les manquements qu’il pourfendait mais les taira pour ne plus s’attirer les foudres du pouvoir.
Quand un pouvoir a de vrais sages en son sein, il a pour aiguillon la parole même de ses opposants les plus farouches et non les tonnes d’éloges de ses courtisans. En politique, les vrais amis sont des opposants car ils vous disent la vérité.
Alpha Condé en Guinée le comprend mieux aujourd’hui car Mamady Doumbouya était tout sauf son pourfendeur. « L’eau fait la joie du poisson mais on le bouillit dedans ».


























