Ce mardi 13 janvier, au complexe scolaire d’Alibandeng, une scène attendue comme l’aube après une nuit de tempête s’est jouée. Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a officiellement reçu les revendications relatives à la grève des enseignants transmises par la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, ouvrant ainsi les travaux de la commission interministérielle tripartite chargée de tracer les chemins d’une sortie de crise annoncée.
Déclenchée le 05 janvier dernier, la grève des enseignants a trouvé ce mardi à Libreville un premier cadre institutionnel de dialogue. Hermann Immongault a donné le coup d’envoi des travaux, offrant à la ministre d’État l’occasion de remettre formellement le rapport issu des concertations préliminaires des 11 et 12 janvier. Ce document compile les revendications portées par plusieurs organisations professionnelles, dont SOS Éducation, figure désormais emblématique et déclencheur de la première grève de la Ve République.
Face aux partenaires sociaux, Camélia Ntoutoume Leclercq a tenu à réaffirmer la philosophie de l’exécutif. «Ce cadre de concertation traduit l’engagement constant du gouvernement à apporter des réponses responsables et durables aux revendications légitimes des partenaires sociaux, notamment le SENA, le SYNETECHPRO, ainsi que les enseignants réunis au sein de la structure dénommée SOS Éducation». Des propos martelés comme un serment public, soutenus par l’appui affirmé des ministres de la Fonction publique et du Budget, également impliqués dans ce processus délicat.
Dans cette dynamique collective, la ministre d’État mise sur la force du dialogue pour desserrer l’étau social. Elle nourrit l’espoir que cette synergie institutionnelle «permettra d’aboutir à des résultats concrets et porteurs d’avenir», convaincue que la concertation peut transformer la colère en compromis et la défiance en confiance durable.
Poursuivant son plaidoyer, Camélia Ntoutoume Leclercq a souligné que «la prise en compte progressive des préoccupations exprimées par les enseignants constitue un levier essentiel pour le rétablissement d’un climat serein et propice au bon fonctionnement de notre système éducatif». Une déclaration qui sonne comme une boussole, indiquant la direction d’un apaisement espéré par toute la communauté éducative.
Dans les rangs des enseignants, l’analyse est plus nuancée. Beaucoup estiment que l’amélioration récente des émoluments de la grande muette, décidée par le chef de l’État, a servi de catalyseur. Ce contexte aurait influencé le calendrier des revendications, ravivant des attentes longtemps contenues, parfois depuis des décennies. Pour eux, la logique est implacable et presque philosophique.
Leur postulat, jugé normal et acceptable, repose sur une évidence sociale : aucun citoyen normalement formé ne peut nier avoir été façonné, un jour, par un enseignant. Cet argument, brandi comme un miroir tendu à la société, oblige même les plus incrédules à reconnaître la centralité du métier. Reste désormais à transformer cette reconnaissance morale en réponses concrètes, afin que l’école cesse d’être un champ de tensions et redevienne un sanctuaire du savoir partagé.
Tous les regards se tournent désormais vers cette commission, appelée à conjuguer urgence sociale et responsabilité budgétaire, afin que les promesses ne restent pas lettres mortes, mais deviennent actes, décisions mesurées, compromis durables, capables de restaurer la dignité enseignante et la confiance nationale attendue.

























