Annoncé comme un projet phare de modernisation urbaine, le marché de Ngouema à Oyem devait transformer le quotidien des commerçants et des habitants du Woleu-Ntem. Lancés fin 2023 par le Président le Président , Brice Clotaire Oligui Nguema, les travaux promettaient un espace moderne doté de boutiques, d’étals adaptés, de chambres froides, mais aussi de services essentiels tels qu’une pharmacie, une infirmerie, un poste de police et une caserne de pompiers. Un projet ambitieux censé mettre fin aux conditions précaires dans lesquelles les commerçants exercent depuis des années.
Prévu pour être livré en 12 mois, le chantier est aujourd’hui à l’arrêt, sans perspective claire de finalisation. Plus d’un an après le lancement, les populations constatent avec amertume que les promesses initiales n’ont pas été tenues. Pour Oyem, où le marché constitue un véritable poumon économique et social, ce retard est vécu comme une trahison des attentes.
Le projet avait été doté d’un financement dans le montant des 7 milliards de francs Cfa, censé garantir le développement de la province. Mais l’absence de transparence sur l’utilisation de ces fonds nourrit les suspicions. Où est passé l’argent ? Les autorités locales n’ont fourni aucune explication convaincante, laissant planer le doute sur une possible mauvaise gestion ou un détournement.
Ce retard met en lumière les failles de la gouvernance locale et nationale. Est-ce un problème de planification, de suivi, ou de responsabilité des entreprises adjudicataires ? Quoi qu’il en soit, l’affaire du marché de Ngouema illustre un mal récurrent : la difficulté à traduire les promesses politiques en réalisations concrètes. Chaque chantier inachevé fragilise la confiance des citoyens envers les institutions et alimente un sentiment de désillusion.
Plus qu’un marché, un symbole
Le marché de Ngouema devait incarner le renouveau et la modernisation. Il risque désormais de devenir le symbole des lenteurs administratives et des zones d’ombre dans la gestion des finances publiques. Pour les habitants d’Oyem, la question reste entière : qui portera la responsabilité de cet échec ?

























