Réunis en session ordinaire ce mercredi 23 juillet dans la salle du conseil municipal Jean Félix Lassy, les membres de la commission Ad Hoc de la commune de Libreville ont procédé à l’examen et à l’adoption des comptes administratif et de gestion de l’exercice 2024. Une session présidée par le Délégué Spécial chargé de la gestion de la capitale gabonaise, M. Adrien Nguema Mba, et marquée par l’unanimité des suffrages exprimés : 17 voix pour, aucune abstention, aucun vote contre.
Cette rencontre, tenue en présence de représentants du gouvernorat de l’Estuaire, du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Économie et des Finances, s’inscrivait dans le cadre des dispositions de l’ordonnance 005/PR/2023 du 23 octobre 2023, qui renforce les prérogatives des délégations spéciales locales dans la gestion des affaires budgétaires et administratives des collectivités locales.
Bien que l’approbation ait été sans réserve sur la forme, plusieurs recommandations ont été émises par les commissaires au fond. Parmi celles-ci :
La construction du siège de la Mairie du 2ème arrondissement,
L’élaboration d’un tableau évolutif des recettes et recouvrements,
L’actualisation des rôles fiscaux,
La digitalisation des procédures de recouvrement,
Et la réhabilitation des infrastructures marchandes de la capitale.
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Libreville avec un budget déficitaire voit néanmoins son budget primitif, adopté en décembre 2023, s’élever à 26,678 milliards de FCFA, porté à 26,688 milliards grâce à une dotation exceptionnelle de 10 millions de FCFA octroyée par le Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le rapport final de la session révèle cependant une situation contrastée :
Solde de gestion final positif : 2,074 milliards de FCFA
Balance d’entrée déficitaire : -700 millions de FCFA
Résultat provisoire de l’exercice 2024 : -937,2 millions de FCFA
Résultat des exercices antérieurs : +3,712 milliards de FCFA
Libreville et son budget déficitaire, malgré des réserves antérieures positives, soulève des inquiétudes quant à la soutenabilité de ses projets futurs. Cette gestion, jugée en demi-teinte, a été vertement critiquée par le Délégué Spécial, qui y voit le reflet d’un manque de rigueur et d’initiative dans les services municipaux :
« On aurait dû augmenter le budget comme d’autres avant nous l’ont fait. Lorsqu’il y a mobilisation et volonté, les objectifs sont atteignables », a déploré Adrien Nguema Mba.
Le président de la délégation spéciale a cependant affiché sa volonté de renverser la tendance. La mise en œuvre imminente d’un vaste programme de digitalisation des services municipaux est perçue comme une solution pour booster la mobilisation des recettes, améliorer la transparence et moderniser l’administration urbaine.
Dans ce contexte de la commune de Libreville qui connait un budget déficitaire, cette session pourrait bien être l’une des dernières sous la bannière des délégations spéciales. Adrien Nguema Mba a évoqué la perspective d’un retour à la décentralisation effective avec les élections locales prévues pour le 27 septembre 2025, espérant que les nouveaux conseils élus renforceront la démocratie locale et permettront une meilleure prise en charge des défis de la capitale gabonaise.
Par Darlyck Ornel Angwe

























