Le Gabon a pris un tournant politique controversé ce lundi 20 janvier 2025, avec l’adoption d’un nouveau Code électoral autorisant les armes et les robes à se présenter aux élections, y compris à la présidentielle. Cette réforme, présentée comme une mesure d’inclusivité, soulève de nombreuses interrogations sur son impact réel, notamment sur l’avenir de la démocratie dans le pays. Alors que le général Brice Clotaire Oligui Nguema, leader de la transition depuis le coup d’État du 30 août 2023, promet un retour à l’ordre constitutionnel, beaucoup y voient une manœuvre pour pérenniser la domination des forces armées.
Une illusion d’inclusivité ?
Dans un contexte africain marqué par des transitions militaires souvent prolongées, le Gabon semble suivre un chemin dangereux. Des exemples comme le Tchad ou le Mali rappellent que la participation politique des armes est rarement dissociée d’une ambition de pouvoir à long terme. Dans ces pays, les militaires, sous prétexte de stabilisation, se sont accaparés les institutions, reportant sans cesse les promesses d’élections libres. Cette réforme au Gabon pourrait ainsi renforcer l’emprise des armes, sous couvert de légitimité démocratique.
Une justice en péril ?
L’éligibilité des robes pose une autre problématique. Pilier de l’état de droit, la magistrature risque de compromettre son impartialité en entrant dans l’arène politique. Une justice politisée, où les robes se mêlent aux luttes de pouvoir, pourrait devenir un outil de domination au service d’un régime autoritaire. L’histoire récente montre que cette confusion des rôles peut entraîner une fragilisation des institutions démocratiques.
Les partisans de cette mesure la considèrent comme une avancée vers une société inclusive, offrant aux armes et aux robes la possibilité de contribuer à la construction politique du pays. Mais les opposants, eux, redoutent une concentration excessive des pouvoirs. « Les armes doivent protéger, les robes doivent juger. Ce n’est pas leur rôle de gouverner », martèle un opposant.
Avec des élections prévues en août prochain, le Gabon se trouve à un croisement décisif. Si cette réforme semble élargir le champ politique, elle pourrait aussi devenir un levier pour cimenter la domination des armes et des robes, au détriment de l’équilibre démocratique au Gabon. Plus que jamais, la vigilance citoyenne sera essentielle pour préserver les aspirations démocratiques du pays.











































