Gabon Power Company franchit une étape décisive de son développement stratégique. L’entreprise publique prépare ainsi une entrée en Bourse sur la BVMAC. Cette opération vise avant tout à financer un vaste programme d’investissement. Le montant recherché dépasse effectivement 900 milliards de FCFA. Créée en 2015 par le FGIS, GPC porte déjà plusieurs projets énergétiques majeurs. Cette démarche illustre également l’ambition industrielle croissante du Gabon, un pays qui mise résolument sur ses ressources énergétiques.
Selon l’agence Ecofin, GPC développe six projets de production électrique répartis sur tout le territoire. Elle pilote également une usine d’eau potable stratégique pour les populations urbaines. Du côté hydroélectrique, l’entreprise programme ainsi progressivement quatre barrages majeurs. Kinguélé Aval, d’abord, fournira 35 MW dès 2026. Booué, ensuite, promet une capacité impressionnante de 400 MW. Ngoulmendjim et Dibwangui complètent ce dispositif avec respectivement 82 et 15 MW.
Plus de 700 MW, 4 000 emplois et une production accrue d’eau potable
Par ailleurs, deux centrales thermiques renforcent cette stratégie énergétique nationale. IPP Mayumba atteindra 50 MW à terme, contre 8,5 MW actuellement. IPP Owendo, quant à lui, culmine désormais à 125 MW, sa deuxième phase venant d’être lancée. De plus, l’usine de Ntoum 7 produira 140 000 m³ d’eau potable chaque jour. Au final, ces infrastructures ajouteront plus de 700 MW au réseau national. Elles généreront également plus de 4 000 emplois directs pour les populations locales. Enfin, elles éviteront chaque année environ 73 000 tonnes de CO₂, un atout climatique non négligeable.
Une introduction en Bourse comme levier de financement souverain
Pour financer cette ambition, Gabon Power Company a répondu à un appel à manifestation d’intérêt régional. L’UGRIF, une structure dédiée de la CEMAC, pilote justement ce dispositif incitatif. Par conséquent, la BEAC, la BVMAC, la COSUMAF et la BAD cofinancent ce mécanisme commun. Ainsi, ce mécanisme incite fortement les entreprises régionales vers le marché des capitaux. Cette approche réduit notamment le coût global d’une introduction en Bourse. Elle limite également le recours systématique à la dette souveraine classique. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse largement le seul cas de GPC.
En effet, cette opération constitue un test grandeur nature pour la BVMAC elle-même. Elle mesure surtout sa capacité à attirer des émetteurs de référence solides. Par ailleurs, elle doit démontrer sa crédibilité auprès des investisseurs régionaux exigeants. Finalement, ce projet pourrait donner davantage de profondeur au marché financier régional. Il renforcerait aussi durablement la souveraineté économique et énergétique du pays face aux défis climatiques actuels.










































