L’État a débloqué une dotation spéciale de 7 milliards de francs CFA pour la Nyanga. Des comités de pilotage installés dans la province ont ensuite géré ces fonds publics. Trois ans plus tard, plusieurs chantiers demeurent pourtant clairement inachevés sur le terrain. En effet, cette situation alimente une polémique croissante autour de la gestion de ces fonds. Par conséquent, certains observateurs redoutent un véritable cimetière d’éléphants blancs dans la région.
Deux questions essentielles se posent aujourd’hui autour de ce dossier sensible. Qui composait réellement ces comités chargés de gérer les 7 milliards annoncés ? Quel niveau de responsabilité portaient-ils réellement dans l’engagement des fonds publics ? Toutefois, ces interrogations ne visent personne en particulier à ce stade de l’enquête. Elles portent avant tout sur la traçabilité complète de l’argent public engagé.
Une architecture provinciale et départementale
Le dispositif de la dotation reposait sur une architecture précise et hiérarchisée. Une coordination d’ensemble existait à l’échelle de toute la province rurale de la Nyanga. Par ailleurs, six comités de pilotage complétaient ce dispositif, un par département concerné. Ils devaient notamment arrêter le choix précis des projets à financer localement chaque année. Ainsi, ce sont eux qui suivaient l’exécution concrète de chaque chantier lancé sur place.
C’est précisément à cet échelon que s’est décidé l’usage des 7 milliards. De plus, les grands projets structurants, eux, relevaient d’un pilotage strictement central et national. Cette distinction reste essentielle pour comprendre les responsabilités réelles de ce dossier complexe et sensible. En effet, les décisions locales échappaient largement au regard national habituel des institutions. Cela explique pourquoi tant d’interrogations subsistent encore aujourd’hui autour de ce dossier précis.
Une liste de responsables à visage découvert
Selon la liste que nous avons pu consulter, plusieurs noms apparaissent clairement aujourd’hui. Jonathan Ignoumba a assuré la coordination provinciale pour l’ensemble du territoire concerné. À l’échelon départemental, Jean Charles Yembi Yembi préside le comité de Mougoutsi. De même, Wenceslas Mamboundou dirige quant à lui celui de la Douigny voisine. Enfin, Françoise Makaya épouse Mbou préside le comité de la Basse-Banio limitrophe.
L’honorable Mihindou Mihindou préside de son côté le comité de Mongo. De même, Guy Noël Bibalou Wendan dirige celui de la Doutsila, un peu plus loin. Enfin, l’honorable Anicet Égard Mboumbou Miyakou préside le comité de la Haute-Banio voisine. Ces six responsables couvrent ainsi l’ensemble des six départements concernés par la dotation entière. Leur nom figure désormais publiquement sur cette liste officielle que nous avons consultée récemment.
Des questions qui restent sans réponse
Présider un comité n’établit toutefois aucune faute personnelle avérée à ce jour. Il s’agit d’une fonction officielle, celle de conduire des fonds publics importants. Néanmoins, cette fonction implique aussi d’en répondre devant les autorités compétentes concernées. C’est justement pour cela que la composition complète mérite d’être clarifiée publiquement. Qui, au-delà des présidents, siégeait réellement dans ces comités locaux méconnus jusqu’ici ?
Sur quels critères précis les projets ont-ils été retenus localement ? Le coordonnateur a lui-même reconnu que personne n’avait lancé d’appel d’offres. Comment les marchés ont-ils alors été attribués aux entreprises concernées ? Restituer ces organigrammes reste le seul moyen de savoir qui a décidé.









































