Franceville, le 15 septembre 2026- Le développement numérique gabonais ne se limitera pas à Libreville. Un partenariat signé entre le PNUD et le CGI déplace une partie du centre de gravité vers le Haut-Ogooué. L’accord lance le TechSpace Masuku au sein de l’université USTM. Ce projet forme la première composante de l’UniPod Gabon. Ce futur pôle est consacré au numérique, à l’intelligence artificielle, à la robotique et à l’agritech. Le projet s’appuie sur l’initiative panafricaine Timbuktoo et porte une ambition élargie. Il s’agit de transformer les compétences de la jeunesse en solutions concrètes. Ces solutions doivent ensuite devenir des activités économiques capables de produire de la valeur.
La première phase prévoit la formation de plusieurs centaines de jeunes gabonais. L’objectif fixé vise au moins un tiers de jeunes femmes parmi les bénéficiaires. Des porteurs de projets seront également accompagnés durant cette étape clé. Ils doivent faire émerger les premières solutions issues de cet écosystème encore naissant aujourd’hui.
Le débat africain sur le numérique portait longtemps sur l’accès aux équipements. La connexion et les compétences techniques dominaient aussi cette réflexion collective. Le vrai défi consiste désormais à révéler des entrepreneurs et des ingénieurs locaux. L’agriculture, la santé, l’éducation et l’environnement offrent des terrains d’expérimentation prometteurs pour cette jeunesse.
Le pari du Haut-Ogooué
L’implantation du TechSpace à Franceville donne une dimension territoriale forte au projet. Centraliser les infrastructures numériques à Libreville reproduirait les déséquilibres observés dans d’autres secteurs. Installer une capacité technologique à l’USTM valorise plutôt le potentiel scientifique régional existant. Cette implantation universitaire renforce durablement l’attractivité économique et académique du Haut-Ogooué régional.
Cette implantation ne sera stratégique que si elle dépasse le simple symbole. Un espace d’innovation ne produit jamais mécaniquement des résultats sans un accompagnement solide. Il faut des équipements, des formateurs, des financements et des mentors compétents. Les jeunes entreprises doivent aussi trouver des débouchés pour survivre après l’accompagnement initial.
Le véritable test sera l’après-projet
Le succès du TechSpace ne se mesurera pas au nombre de cérémonies organisées. Le nombre de jeunes formés ne suffira pas non plus à démontrer sa réussite. Il se mesurera plutôt au nombre de projets réellement développés et d’entreprises créées. Les emplois créés et les femmes intégrées compteront également ici.
Le partenariat entre le PNUD et le CGI pourra alors dépasser le projet ponctuel. Il deviendra une véritable infrastructure de transformation économique pour tout le pays. Le Gabon cherche ainsi à poser les fondations d’un nouvel écosystème national durable. Cette première brique ne doit pas demeurer isolée dans le futur.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Celui qui plante un arbre au bord du fleuve doit penser à ceux qui viendront chercher son ombre. » .







































