Boumango regarde chaque jour le progrès passer sans jamais s’arrêter à ses portes. Les rubans se coupent ailleurs, les inaugurations se multiplient ailleurs, les infrastructures naissent ailleurs. Pourtant Boumango existe, ses enfants existent, leurs rêves existent, leurs espoirs existent aussi.
Le silence s’installe peu à peu dans les conversations locales. Beaucoup redoutent de parler du développement de leur propre localité. Pourtant aimer Boumango ne constitue jamais un acte politique. Réclamer une route ou un lycée digne reste un acte d’amour.
Les contrastes qui blessent
Le collège ultramoderne de Makongonio impressionne tous les visiteurs. Les villas des autres villages du pays témoignent d’une volonté de transformer le quotidien des populations. Des localités éloignées bénéficient d’investissements qui changent la vie des habitants. Boumango, elle, continue d’attendre son tour depuis longtemps.
Le soir, les lumières s’éteignent dans les maisons du village. Des parents se demandent quel avenir attend leurs enfants. Des élèves rêvent de devenir médecins, ingénieurs ou enseignants malgré des conditions difficiles. Beaucoup de jeunes finissent par partir faute d’horizon.
Le lycée, symbole d’un avenir incertain
Un lycée représente bien plus qu’un simple panneau portant ce mot. Il symbolise l’avenir, il fabrique des destinées, il forge l’intelligence d’une nation. Le lycée de Boumango peine à offrir ce que d’autres possèdent déjà. Des enseignants hésitent à rester.
Une jeunesse compose avec le manque de moyens. Comment ne pas s’inquiéter quand des élèves étudient dans des conditions précaires ? Leurs ambitions restent immenses malgré des salles surchargées et mal équipées. Ils méritent des infrastructures qui reflètent leurs rêves.
La route, artère de vie attendue
Cette route devrait relier les hommes et stimuler l’économie locale. Elle porte en elle des décennies entières de promesses non tenues. Comment expliquer qu’un axe transfrontalier ancien demeure prisonnier du temps ? Cette voie mérite enfin de retrouver son importance.
Combien de saisons des pluies devront passer avant les engins ? Combien de générations transmettront les mêmes attentes héritées de leurs parents ? La nature luxuriante continue de prospérer autour de Boumango. Le développement humain semble avoir oublié ce chemin.
Le cri d’une terre qui espère encore
Cette lettre ne constitue ni une plainte ni une accusation. Elle représente simplement un cri sincère venu du cœur. C’est le cri d’une terre qui refuse obstinément de renoncer. C’est le cri d’une population qui continue d’espérer malgré les années.
Boumango ne demande pas la lune, mais un peu d’attention sincère. Boumango demande à être regardée, entendue et considérée. Que répondrons-nous aux générations futures qui nous interrogeront sur ce silence ? Qu’a fait Boumango pour mériter d’attendre si longtemps ?
Par PMM












































