L’affaire avait bouleversé Libreville dès les premières heures. Le 31 août, des riverains ont découvert un corps sans vie dans un canal du quartier Plein-Ciel. Il s’agissait du petit Willy Frimer Boundzanga, retrouvé au lieu dit Portes-Rouges. Cependant, l’opinion gardait en tête ce récit terrifiant d’un enlèvement nocturne. Ce récit semblait crédible et bouleversait chaque famille du quartier. Toutefois, l’enquête méticuleuse a fini par tout renverser.
Ainsi, environ deux semaines plus tard, une vérité glaçante émergeait enfin. La mère de l’enfant, A. T., portait elle-même la responsabilité du drame. Elle avait fabriqué de toutes pièces un scénario d’agression nocturne. Ce basculement a véritablement stupéfié Libreville tout entière. Par ailleurs, il relance un débat national sur la protection des nourrissons. Les autorités judiciaires ont donc intensifié leurs investigations sur ce dossier sensible.
Le récit initial d’un enlèvement nocturne
Selon sa première version, quatre hommes armés et encagoulés seraient entrés au domicile familial. Ils auraient emporté le nourrisson avant de disparaître dans la nuit noire. Le lendemain, des passants ont repêché le corps du bébé dans un canal tout proche. Une histoire spectaculaire qui n’a pourtant jamais vraiment convaincu les enquêteurs chevronnés. En effet, plusieurs détails contredisaient totalement le déroulé annoncé par la mère.
Très vite, les incohérences ont commencé à s’accumuler dans son récit. Cela a poussé la justice à exiger un approfondissement des investigations. Les enquêteurs ont alors multiplié les auditions et les vérifications. Ainsi, chaque témoignage recueilli affaiblissait un peu plus la version initiale. De ce fait, la pression s’accentuait autour de la jeune mère. Elle ne pouvait plus tenir son récit face aux enquêteurs déterminés.
Les aveux glaçants de la mère
Les interrogatoires ont révélé une succession de contradictions accablantes. La jeune femme a fini par avouer devant les enquêteurs. D’après les éléments désormais retenus, elle aurait bu toute la journée du dimanche. Elle avait alors laissé son enfant à la garde de sa mère. Revenue tard dans la soirée, elle aurait récupéré le bébé endormi. Puis elle se serait endormie avec lui cette même nuit-là.
L’enfant aurait alors suffoqué durant la nuit, sans qu’elle ne s’en rende compte. Au réveil, découvrant le corps inerte, elle aurait totalement paniqué. Elle aurait ensuite jeté aussitôt le nourrisson dans le canal voisin. Enfin, elle aurait inventé l’histoire de l’enlèvement pour masquer la réalité. Désormais, la justice a placé A. T. sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt centrale des femmes de Libreville.
Une responsabilité familiale qui interroge
Au-delà du fait divers, ce drame met cependant en lumière une question particulièrement essentielle. Dans un contexte social, plusieurs fragilités s’entremêlent profondément : économiques, psychologiques et comportementales. Ainsi, la protection des enfants ne peut vraiment rester un simple réflexe. Elle doit devenir une vigilance constante, partagée et durable. Les mères, les familles, les communautés doivent rester pleinement conscientes de leur rôle protecteur envers chaque nourrisson vulnérable.
Chaque négligence, chaque abandon de responsabilité, peut basculer en tragédie irréversible. Ce dossier rappelle que la société ne peut se contenter de s’émouvoir. Par ailleurs, les services sociaux doivent renforcer leur présence locale. Elle doit s’interroger, prévenir, accompagner et responsabiliser durablement chaque famille gabonaise. Ainsi, la prévention devient un enjeu collectif majeur pour Libreville. Ce drame de Plein-Ciel doit désormais servir d’alerte nationale bien forte.











































