Libreville, 22 juillet 2026 – La loi de finances rectificative a paru au Journal officiel le 17 juillet 2026. Elle instaure un prélèvement inédit de 3 % au profit du Fonds national de l’habitat. Cette mesure suscite déjà de vifs débats parmi les employeurs et les salariés. Toutefois, une lecture attentive du texte révèle des objectifs précis.
Le Fonds national de l’habitat soutient les programmes de logements sociaux depuis sa création. Il mobilise des ressources destinées à la construction et à l’accession à la propriété. Par ailleurs, le ministère de l’Habitat en assure désormais la gestion, avec la Caisse des Dépôts et Consignations. Ainsi, cette collaboration garantit un meilleur pilotage des projets immobiliers structurants.
Le logement, priorité présidentielle assumée
Cette réforme s’inscrit également dans une ambition présidentielle plus large. Le logement constitue en effet le troisième pilier du projet de société du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Lors de son discours sur l’état de la Nation, le 15 juin dernier, le chef de l’État a détaillé cette stratégie. Concrètement, l’exécutif veut transformer les primes de logement en un véritable outil d’accession à la propriété.
120 milliards de FCFA de primes réorientées
Chaque année, près de 120 milliards de FCFA financent les primes de logement des fonctionnaires. Ces primes, comprises entre 75 000 et 300 000 FCFA, représentent donc une ressource considérable. Notamment, le gouvernement veut orienter ces fonds vers un patrimoine immobilier durable. Des opérateurs privés bâtiront de nouvelles cités à Bikélé et à Essassa. Devant les parlementaires, le président avait tenu à rassurer les agents publics. « Ce n’est pas vous qui payez, c’est votre prime. » Il avait précisé que l’État couvrirait les loyers jusqu’à la livraison des logements.
Un mécanisme sans risque pour les fonctionnaires
L’État n’effectuera aucun prélèvement avant la remise des clés du logement. Dès lors, la prime remboursera progressivement le coût de construction auprès de l’opérateur concerné. Au terme d’une période estimée entre 10 et 15 ans, le bénéficiaire deviendra pleinement propriétaire, avec un titre foncier à son nom. En revanche, la nouvelle loi crée aussi une source de financement permanente. Cette contribution de 3 % porte sur les rémunérations soumises aux cotisations de la CNSS.
Les règles fiscales de la nouvelle contribution
Sur le plan fiscal, la contribution vise les employeurs privés et les établissements publics affiliés à la CNSS. En revanche, le texte exclut expressément l’État en tant qu’employeur. Cependant, il ne précise pas encore qui supportera intégralement cette nouvelle charge. Cette question devrait donc être clarifiée par les prochains textes d’application. Sur le plan pratique, cette collecte ne créera aucune nouvelle procédure administrative. Les employeurs déclareront cette contribution selon les modalités de la retenue à la source. Des pénalités s’appliqueront en cas de manquement.
In fine, cette contribution de 3 % ne constitue pas une simple mesure fiscale. Elle s’inscrit dans une stratégie globale de financement du logement au Gabon. Si le mécanisme du Fonds national de l’habitat fonctionne durablement, il pourrait accélérer la construction de logements et rapprocher davantage de Gabonais de la propriété.










































