Libreville, 10 juin 2025 – Face à la vague d’expropriations jugées arbitraires dans le quartier de Pleine Orety, à proximité immédiate de l’Assemblée nationale, le député de la Transition, Lionel Ella Engonga, monte au créneau. L’élu a officiellement sollicité la présidente de la Commission de la Planification pour l’instauration urgente d’une commission d’enquête parlementaire.
Des expulsions en pleine procédure judiciaire
À l’origine de cette crise sociale, le lancement d’un vaste projet de cité administrative conduit par les autorités, qui a débouché, dès le 2 juin, sur l’expulsion de plus d’un millier de familles et la destruction de quelque 1 150 habitations. Un coup de force d’autant plus controversé qu’il intervient alors qu’une procédure judiciaire est toujours en cours. En effet, par une décision rendue le 9 janvier 2025, le Tribunal de première instance de Libreville avait ordonné une expertise foncière contradictoire, exigé la production du titre foncier n°19112, détenu par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), et imparti un délai de deux mois pour établir les responsabilités juridiques.
« Aujourd’hui, des familles entières vivent sans abri, livrées à elles-mêmes, sans aide ni solution de relogement. Des enfants dorment à la belle étoile. Le droit au logement et à la dignité humaine est allègrement piétiné », dénonce le parlementaire.
Un affront aux droits fondamentaux
S’appuyant sur les dispositions constitutionnelles et les engagements internationaux du Gabon, Lionel Ella Engonga fustige une atteinte grave aux libertés fondamentales. Il rappelle que l’article 20 de la Constitution garantit le droit à la propriété, tandis que l’article 9 consacre la dignité humaine comme valeur cardinale. À cela s’ajoutent les obligations découlant du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ainsi que de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, que le pays a ratifiés.
« Rétablir la vérité et la justice »
La mise en place d’une commission d’enquête parlementaire vise, selon le député, à faire toute la lumière sur les responsabilités ayant conduit à cette opération musclée. Il souhaite que les mécanismes de décision soient passés au crible, les responsabilités clairement établies, et que les citoyens affectés bénéficient d’une réparation équitable.
« Le rôle du Parlement n’est pas seulement de légiférer, mais aussi de contrôler l’action publique. Nous avons le devoir d’exiger que la loi soit appliquée avec équité, loin de toute dérive ou traitement de faveur », martèle Lionel Engoga.
Dans un contexte social déjà tendu, cette affaire pourrait bien devenir un test décisif pour les institutions de la Transition, appelées à restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.


























