Libreville, le 26 fevrier 2026- Les révélations relayées par Romain Molina ravivent une plaie que beaucoup espéraient refermée : celle des abus présumés sur mineurs dans le football gabonais. Selon ces informations, Orphée Mickala, interpellé au début de l’affaire dite « CapelloGate » pour des faits d’attouchements et de harcèlement sur mineurs, aurait été libéré discrètement ces derniers mois, sans communication officielle des autorités.
Plus troublant encore aux yeux de l’opinion : son retour dans le milieu sportif, au sein du club de troisième division Tout Puissant Akwembe, présenté comme proche de certaines sphères d’influence. La concomitance entre cette libération et le passage au ministère de la Justice de Paul-Marie Gondjout alimente les interrogations. En l’absence d’explications claires, le soupçon prospère.
La question centrale n’est pas politique ; elle est institutionnelle. Lorsqu’il s’agit d’allégations de pédocriminalité, surtout dans un environnement aussi structurant que le sport, la transparence et la fermeté doivent primer. Le silence crée un vide. Et le vide, en matière de justice, est le terreau des rumeurs et de la défiance.
La Fédération gabonaise de Football (FEGAFOOT), comme toute instance dirigeante, a une responsabilité morale et réglementaire : protéger les mineurs, coopérer avec la justice, clarifier les situations disciplinaires. L’enjeu dépasse les individus. Il concerne la crédibilité du football gabonais et, plus largement, la confiance des familles qui confient leurs enfants aux structures sportives.
Il convient cependant de rappeler un principe fondamental : toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’une condamnation définitive n’a pas été prononcée. Mais ce principe n’exclut ni l’enquête rigoureuse, ni les mesures conservatoires lorsque la protection des mineurs est en jeu. Justice et protection ne s’opposent pas ; elles se complètent.
Si des faits graves ont été établis, ils doivent être jugés. S’ils ne l’ont pas été, l’opacité doit être levée. Une société ne se fragilise pas parce qu’elle expose ses blessures ; elle se fragilise lorsqu’elle refuse de les soigner.
Dans le sport, la victoire ne vaut rien si elle repose sur le silence des victimes. La lutte contre les violences sexuelles ne peut être intermittente ni sélective. Elle doit être constante, méthodique et impartiale.
À Lambaréné, on dit : « Quand le filet laisse passer les petits poissons, le fleuve finit par se vider. »
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