L’association « Réconciliation » des victimes des violences post-électorales de 2016 a tenu à manifester pacifiquement ce lundi 19 mai 2025 afin d’exprimer son mécontentement devant le palais de justice, à la suite de l’exfiltration de la famille Bongo Ondimba.
Dans la nuit du 15 au 16 mai 2025, Ali Bongo Ondimba et sa famille auraient quitté Libreville à destination de Luanda, en Angola, pour des raisons médicales, selon la déclaration officielle du vendredi 16 mai, prononcée par le procureur général près la cour d’appel, Eddy Minang.
Ce départ aux allures d’exfiltration de la famille Bongo a suscité de nombreuses controverses sur les réseaux sociaux. L’association Réconciliation refuse de rester silencieuse. Elle réclame réparation pour les préjudices subis : « Nous aussi, méritons une prise en charge médicale », ont déclaré les membres de l’association.
Ces derniers ne comprennent pas pourquoi Ali Bongo Ondimba et son fils, Noureddin Bongo, ont bénéficié d’une liberté provisoire. « Comme si cette insulte ne nous suffisait pas, il a encore fallu qu’on exfiltre la famille Bongo. Pourquoi Bongo était-il libre ? Pourquoi son fils et sa femme aussi, alors que le chef de famille est à l’extérieur ? », s’interrogent-ils avec indignation. Des questions qui se posent alors que Jean Ping, qu’ils ont soutenu sans réserve lors de l’élection de 2016, s’affiche aujourd’hui aux côtés de Brice Clotaire Oligui Nguema.
La présidente de l’association, Aïcha Tsoumbou, et ses membres estiment qu’Ali Bongo Ondimba aurait dû être emprisonné, plutôt que sa femme Sylvia. Sans détour, l’association Réconciliation demande « l’attention du président Brice Clotaire Oligui Nguema ». Elle revendique également un accès aux soins : « Nous sommes des Gabonais qui méritons d’être soignés », clament-ils. Les membres disent souffrir encore des traumatismes et des séquelles des violences post-électorales de 2016, et exigent une prise en charge totale : « Nous demandons à l’État de nous soigner en urgence », a déclaré publiquement Aïcha Tsoumbou.
Ces pères et mères de famille dénoncent un traitement inégal et refusent le principe du « deux poids, deux mesures » avec cette exfiltration de la famille Bongo aux allures de fuite face à la justice.

























