Au Gabon, la tension ne cesse de monter entre les villageois et les éléphants de forêt, dont les incursions dans les zones habitées et les ravages sur les cultures exacerbent les frustrations. « La solution pour dégager les pachydermes c’est de les abattre », affirme Kévin Balondoboka, habitant de Bakoussou, une localité enclavée dans l’immensité forestière. Ces propositions illustrent un désarroi général face à ces géants qui, bien qu’en danger critique d’extinction, sont perçus comme une menace directe.
Avec « 95 000 spécimens face à une population de deux millions d’habitants, la problématique est bien réelle« , explique Aimé Serge Mibambani Ndimba, responsable au ministère de l’Environnement. Grâce à une politique stricte de conservation, le Gabon, dont 88 % du territoire est couvert de forêts, s’est imposé comme « le pays refuge des éléphants de forêts », déclare geo.fr. Cependant, cette réalité biologique est peu consolante pour les villageois, qui dépendent majoritairement de l’agriculture. « Nous subvenons aux besoins de nos enfants à travers l’agriculture », rappelle Viviane Métolo. « Maintenant que cette agriculture est au bénéfice de l’éléphant, que va-t-on devenir ? »
Pour répondre à ces tensions, l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) expérimente des solutions telles que des clôtures électriques, censées repousser les pachydermes en « impactant psychologiquement l’animal ». Pourtant, ces efforts sont mis à mal par divers facteurs, dont le braconnage, le changement climatique et l’exploitation des terres, qui perturbent les écosystèmes et poussent les éléphants à se rapprocher des zones habitées.
En décembre 2023, le président de transition Brice Oligui Nguema a marqué un tournant en autorisant les populations à tuer les éléphants en cas de légitime défense, suscitant des applaudissements mais aussi des critiques. « Le message a été fort auprès des populations« , commente Jérémy Mapangou, juriste à Conservation Justice, tout en rappelant que la chasse et le trafic d’ivoire restent interdits.
Le Gabon, conscient de son rôle global, doit gérer une « double responsabilité », selon le Dr Léa Larissa Moukagni : préserver cette espèce essentielle pour l’écosystème tout en garantissant la sécurité des populations. En effet, ces « jardiniers des forêts » participent à la régénération de la biodiversité et à l’absorption du carbone. Aimé Serge Mibambani Ndimba lance un appel : « Il faut apporter de l’aide au Gabon pour qu’on n’arrive pas à des situations où les populations se soulèvent et veuillent se faire justice. Sinon, des têtes d’éléphants vont tomber « , rappelle geo.fr
Ainsi, l’équilibre entre conservation et coexistence reste une question urgente, nécessitant une réponse coordonnée entre les efforts locaux et le soutien international.











































