Le rapport bilan du programme CAP 2025, conduit par la Confédération gabonaise des travailleurs Indépendants (CGTI), met en lumière six années d’actions concrètes pour structurer l’informel et promouvoir l’auto-emploi. Avec 85,6 millions Fcfa mobilisés, dont 5 millions apportés par le Conseil Gabonais des chargeurs (CGC) et 500 000 FCFA de contribution de la DGCCRF, le programme a permis de sensibiliser 48 500 acteurs économiques, de recruter 119 agents, d’offrir 700 stages (INSG, EM Gabon, ITO, USO, AUM Université, IHEM, ITA, SUP DE COM, ISMA) aux étudiants et de soutenir les missions de plusieurs administrations.
Mais derrière ces résultats de la CGTI, une réalité dérangeante : malgré une valeur créée estimée à 60 millions Fcfa pour les services publics, le soutien direct de l’État n’a atteint que 25 000 FCFA en six ans. Une disproportion qui soulève une question cruciale : pourquoi un programme qui a déjà tant apporté à l’administration publique reste-t-il quasiment ignoré par les autorités ?
Abbas Nziengui Mabika, figure engagée du projet, interpelle : « Le programme d’appui à l’auto-emploi vise à transformer l’état d’esprit des étudiants, trop souvent orientés vers la fonction publique. Beaucoup finissent au chômage. Il est donc essentiel de créer d’autres opportunités », affirme-t-il.

Il insiste sur l’importance de l’expérience pratique : « Je prends des stagiaires et les mets en relation avec un réseau de plus de 28 000 commerçants. Les étudiants acquièrent ainsi une expérience réelle et deviennent une valeur ajoutée pour les entreprises », explique-t-il.
Le programme appelle également à une administration partenaire, davantage tournée vers la sensibilisation que vers la répression. Les commerçants, souvent mal informés des règles juridiques, doivent être accompagnés plutôt que sanctionnés.
Parmi les projets phares de la CGTI, Owendo Taxis 241 illustre cette ambition : des véhicules hybrides évalués à 4 millions Fcfa chacun, porteurs d’emplois et d’innovation.
Le CAP 2025 n’est pas seulement un programme : c’est un appel à la responsabilité collective. Aux commerçants, pour s’ouvrir à la formalisation ; aux étudiants, pour embrasser l’auto-emploi ; à l’administration, pour devenir un partenaire éducatif ; et surtout aux autorités, pour enfin soutenir une action qui a déjà prouvé son efficacité.
« Au-delà des activités et de l’expérience que nous avons, nous sollicitons de l’État une subvention de 120 000 000 FCFA pour consolider les acquis et financer les projets prioritaires, notamment Owendo Taxis 241, et garantir son auto-financement. Cette subvention doit être considérée comme source première de financement, mais aussi comme un appel aux étudiants, chômeurs et Gabonais à adhérer au programme », réaffirme Abbas Nziengui Mabika.
Le Gabon ne peut se permettre de laisser un tel levier de transformation économique sans appui. Dans un contexte où le Chef de l’État fait de l’entrepreneuriat un pilier pour absorber le chômage, l’heure est venue de passer des discours aux actes.


























