À pas feutrés mais déterminés, la Chine continue de larguer les amarres de la dette américaine. Comme un dragon libérant ses griffes, Pékin abandonne progressivement ses obligations américaines, réveillant la crainte dans les couloirs feutrés de la Maison Blanche. Face à ce désengagement, un nouveau prétendant s’impose : le bitcoin, cette monnaie sans patrie, insaisissable et redoutablement stratégique.
Le Royaume-Uni, fidèle allié des États-Unis, s’empare de la deuxième place des détenteurs de la dette américaine avec 779 milliards de dollars, détrônant la Chine tombée à 765 milliards. Le Japon garde son trône avec 1 113 milliards, tandis que les BRICS, eux, battent en retraite.
Depuis le sommet de 1 300 milliards en 2013, la Chine a sabré ses positions américaines. L’Empire du Milieu préfère désormais l’éclat de l’or et la prudence des obligations européennes. Même les 23 milliards de dollars d’achats récents ne suffisent plus à dissimuler la grande évasion monétaire chinoise.
Un vent froid souffle sur Washington. Les 5 200 milliards de revenus fiscaux prévus pour 2025 semblent bien maigres face aux 7 000 milliards de dépenses. Le déficit, tel un gouffre, se creuse. La Fed vacille, Trump guette, prêt à relancer la planche à billets.
Mais la Chine a la mémoire longue. Le gel des 300 milliards d’euros de la Russie par l’Europe lui a servi de leçon. Pékin sait que ses avoirs pourraient, un jour, devenir otages. Alors, elle se retire, méthodiquement.
Dans cette guerre sans canon mais riche en chiffres, les États-Unis allument d’autres foyers : guerre commerciale, tensions douanières, conflits périphériques. Tout est bon pour retarder l’inévitable : la dédollarisation.
Le président Lula, dans un souffle de défi, résume l’état d’esprit du Sud global : « Je ne suis pas obligé d’acheter des dollars pour commercer… Pourquoi devrais-je être lié à une monnaie que je ne contrôle pas ? »
Et si la solution portait le nom de bitcoin ? Sans frontières, infalsifiable, impossible à geler, la cryptomonnaie fascine les nations qui rêvent d’équité monétaire. Avec le Lightning Network et les stablecoins, sa volatilité s’estompe. Ses volumes, eux, rassurent.
Les États-Unis, eux, veulent en stocker un maximum avant que le vent tourne. Peut-être pensent-ils que si l’épée tombe, il vaut mieux avoir du bitcoin dans le fourreau que des dollars dans les poches.


























