Le Parti démocratique gabonais (PDG), pilier historique de la vie politique nationale, traverse une tourmente où les plaidoiries se font armes et les prétoires, champs de bataille. Saisi en référé, le tribunal de première instance de Libreville a préféré suspendre son jugement, frappé par un tir bien ajusté de la défense : une exception d’inconstitutionnalité, comme une flèche décochée en pleine mêlée.
Ce duel judiciaire oppose deux figures revendiquant les rênes d’un navire en perdition. D’un côté, Angélique Ngoma, capitaine désignée par un directoire provisoire mis en place en mars 2024 pour maintenir le cap en eaux troubles. De l’autre, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, homme lige d’Ali Bongo Ondimba, nommé en mai 2025 par ce dernier, pourtant retiré du théâtre politique depuis septembre 2024. Cette nomination tardive, surgie comme un spectre du passé, fait grincer bien des dents.
Accusé d’usurpation de qualité, Onanga Y’Obegue devait comparaître face à une demande d’interdiction d’utiliser le nom, les insignes et les attributs du PDG. Mais son avocat, Me Francis Nkea, a esquivé l’assaut frontal. Il a opté pour une stratégie d’encerclement, brandissant l’imprécision des textes encadrant les désignations internes du parti, dans un contexte institutionnel flou, né des soubresauts de la transition politique.
Face à cette manœuvre, le juge n’a eu d’autre choix que de battre en retraite momentanée, préférant transmettre le dossier à la Cour constitutionnelle. Ainsi, la justice se fait stratège, suspendant ses coups jusqu’à l’arbitrage du plus haut niveau. Ce sursis judiciaire, bien que procédural, jette une ombre sur la stabilité déjà vacillante du PDG.
Gabon Mail Infos dans un article précédent mentionnait déjà la suite de cette bataille du contrôle du PDG se terminer devant les tribunaux.
À moins de deux mois des législatives prévues pour le 27 septembre 2025, ce contretemps tombe comme une épée de Damoclès sur les ambitions électorales du parti. L’hypothèse d’un bicéphalisme, brandie par certains au ministère de l’Intérieur, pourrait conduire à une suspension pure et simple de la formation, en vertu de l’article 64 de la loi sur les partis politiques. Un tel scénario sonnerait le glas des espoirs du PDG et redistribuerait brutalement les cartes du paysage politique en faveur de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Dans ce théâtre d’ombres et de silences, où chaque geste est pesé, la balle est désormais dans le camp de la Cour constitutionnelle, récemment recomposée. Mais si la haute juridiction tardait à trancher, le poison du doute continuerait de s’infiltrer dans les veines de l’appareil politique.
L’affrontement, suspendu mais non éteint, pourrait alors virer à la crise ouverte.


























