Les syndicats du ministère de l’Éducation nationale ont tenu une réunion ce 4 novembre 2024 dans leurs locaux pour dénoncer le fonctionnement de l’École Normale Supérieure (ENS) et de l’École Normale Supérieure de l’Enseignement Technique (ENSET). Ces deux institutions, sous la double tutelle des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, semblent progressivement passer sous la gestion exclusive du ministère de l’Enseignement supérieur, remettant en cause l’équilibre des responsabilités établi par la loi de 11/93.
Cette situation tendue a été aggravée par les récentes déclarations du Syndicat national des enseignants chercheurs, section ENS (SNEC-ENS), qui a publiquement imputé à l’Éducation nationale plusieurs dysfonctionnements au sein de l’ENS. En réponse, le secrétaire général par intérim du Syndicat de l’Éducation nationale (SENA), Memiaga Magloire, a rappelé avec fermeté que l’ENS demeure « une école à double tutelle ». Il déplore également que des enseignants de l’ENS soient contraints de verser des frais de 150 000 francs CFA pour pouvoir exercer au sein d’une école publique, qualifiant cette pratique d‘ »inadmissible » et appelant à une transparence dans la gestion des fonds. de l’établissement.
Les syndicats insistent également sur la nécessité de bien préparer le Conseil d’administration prochain, qui aura lieu cette semaine, pour débattre de ces questions et mettre fin aux débats publics via les réseaux sociaux, jugés inappropriés pour résoudre des problèmes d’une telle envergure. « Il est crucial que le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur se rencontrent afin de traiter les préoccupations relatives à l’ENS« , a souligné Memiaga Magloire, ajoutant que ce Conseil d’administration devrait permettre de restaurer » la sérénité » au sein de l’ENS, dans le respect des missions attribuées à chacun des ministères.

Du côté de l’ENSET, Ghislain Nguema Mve, secrétaire général du Syndicat des enseignants du technique et de la profession (SYNETECPRO), critique l’adoption du système LMD (Licence-Master-Doctorat), qu’il considère inadapté à la vocation de l’ENSET, destinée à la formation technique et professionnelle. « Les jeunes diplômés, bien qu’ayant un master, se trouvent incapables de réaliser des tâches pratiques essentielles aux besoins du marché« , déplore-t-il. Selon lui, l’ENSET doit revenir aux fondamentaux de la formation technique, où la priorité est donnée aux compétences pratiques. Ce point de vue est partagé par de nombreux enseignants, qui appellent à ce que l’établissement se recentre sur sa mission initiale: produire des enseignants au Gabon car il en a besoin énormément.

Enfin, Mbeang Essono Robert, secrétaire général de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN), exprime sa préoccupation quant à la qualité de la formation offerte à l’ENS, affirmant que celle-ci ne répond plus aux attentes de l’Éducation. nationale. Il critique vivement la présence de docteurs enseignant hors de leur spécialité, estimant que ces pratiques nuisent à la rigueur pédagogique. « Comment un docteur en sociologie peut-il se prétendre professeur de didactique ? Cela n’est acceptable dans aucune institution », a t-il déclaré. Robert dénonce également une « fuite en avant » de la part du SNEC, dont les représentants, selon lui, ont ignoré les normes légales en vigueur.
Les syndicalistes ne comprennent pas la carence d’enseignants aux Gabon alors que le pays a des écoles supérieures de formation des enseignants. Certains y font 10 ans pour réussir dans le système LMD de l’ENSET. Pour les syndicalistes de l’éducation nationale, ces deux écoles l’ENS et l’ENSET fonctionneraient à leur guise sans égard pour l’éducation nationale.
Face à cette situation, les syndicats appellent les plus hautes autorités à clarifier les responsabilités entre l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur afin d’assurer une formation adéquate aux futurs enseignants, et ce, dans l’intérêt des jeunes générations et de l’avenir du Gabon.


























