Dans une lettre adressée aux secrétaires généraux des organisations syndicales de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) le 4 septembre 2024, Christel Bories, PDG du groupe Eramet, s’est attachée à défendre avec fermeté la gestion de l’actuel administrateur directeur général, Leod Paul Batolo, face à la fronde des travailleurs. Contesté par les syndicats, M. Batolo semble aujourd’hui pris dans un climat de tension sociale, mais pour Mme Bories, il reste un acteur clé de la réussite de la Comilog.
Le mécontentement des syndicats, matérialisé par une lettre envoyée à la PDG le 26 août 2024, s’articule autour de la demande de départ de M. Batolo, en poste depuis 2019. Selon les organisations syndicales, l’actuel directeur ne répond plus aux attentes des travailleurs. Cependant, pour Christel Bories, ce constat n’est pas partagé. Elle oppose à cette critique un argumentaire fondé sur des résultats concrets et mesurables. « Depuis 2019, la production de la Comilog est passée de 4,1 millions de tonnes à 7,4 millions à la fin de l’année 2023, soit une augmentation de 80% », rappelle-t-elle avec insistance.
L’accroissement de la production s’accompagne, selon la PDG, d’une politique active de recrutement. Plus de 600 nouveaux employés auraient intégré l’entreprise sous la direction de Leod Paul Batolo. Un autre élément central mis en avant par Christel Bories concerne la rémunération des employés. « La rémunération des salariés a augmenté de 20% suite à l’accord négocié en 2020, faisant de la Comilog l’une des entreprises les mieux rémunératrices au Gabon », précise-t-elle, se basant sur les enquêtes annuelles de Mercer. Elle souligne également que ces améliorations ont été permises grâce à un dialogue social constructif, une dynamique que la PDG entend préserver à tout prix.
Au-delà de la question salariale, Mme Bories insiste sur l’engagement de l’entreprise en matière de formation. Selon elle, Comilog consacre chaque année un budget moyen de 500 millions de FCFA à la formation de ses collaborateurs, avec « 75 000 heures de formation annuelles axées sur la sécurité, la production, la maintenance et le développement managérial ». Ces efforts auraient permis de réduire drastiquement le taux de fréquence des accidents (TF2), qui est passé de 3,3 en 2019 à moins de 1, plaçant la Comilog comme un modèle en matière de sécurité au Gabon.
Sur le plan des engagements communautaires, Mme Bories met en lumière les investissements conséquents réalisés par l’entreprise dans le cadre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Depuis 2020, près de 6 milliards de FCFA seraient alloués chaque année à des projets ayant un impact direct sur les communautés locales de Moanda, Mounana et Bakoumba. Des projets qui, selon elle, témoignent de la volonté de l’entreprise d’œuvrer pour le bien-être des populations environnantes.
Face à ces arguments, Christel Bories rejette catégoriquement la demande des syndicats concernant le remplacement de Leod Paul Batolo. Le Conseil d’administration de la Comilog, précise-t-elle, « a renouvelé sa pleine confiance à M. Batolo pour un mandat de quatre ans lors de sa réunion du 20 juin 2024 ». Elle appelle les syndicats à « reprendre un dialogue constructif avec la Direction Générale », soulignant que le maintien d’un climat social apaisé est essentiel à la pérennité des activités de l’entreprise.
Cette réponse de Mme Bories apparaît ainsi comme une tentative d’apaisement des tensions tout en affirmant une position inébranlable. En défendant son directeur général sur la base de résultats indéniables et en insistant sur l’importance du dialogue social, elle finit par se mettre à dos les travailleurs qui souhaitent désormais son départ.
Bien que les conditions économiques semblent favorables, les conditions de vie des travailleurs et le développement de la ville de Mouanda laissent encore beaucoup à désirer. N’est-ce pas là une vision purement capitaliste, où le profit prime sur tout, justifiant ainsi les moyens les plus discutables ? Les syndicats se trompent-ils unanimement ? Seul l’avenir nous le dira.


























