Libreville, 5 décembre 2025 – La récente décision de la FIFA de repousser la date de libération des joueurs pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 a provoqué une onde de choc parmi les sélectionneurs africains. Initialement prévue pour le 8 décembre, la libération des joueurs a été décalée au 15 décembre, une mesure que les entraîneurs perçoivent comme un affront à l’importance du football africain.
Les clubs, selon la FIFA, auront ainsi plus de temps pour gérer leurs effectifs, mais cette décision a été accueillie par des réactions furieuses. Tom Saintfiet, sélectionneur du Mali, a qualifié la situation de « catastrophique », affirmant que ce manque de considération pour les équipes nationales compromet leur préparation. « En Europe, tout le monde pense que le football africain n’est pas important », a-t-il déclaré.
Stefano Cusin, entraîneur des Comores, partage cette indignation, soulignant que toutes les fédérations avaient déjà organisé des programmes, réservé des infrastructures et planifié des matchs amicaux. « Nous aurions eu bien besoin de trois, quatre jours supplémentaires de préparation », a-t-il ajouté.
Cette décision de la Fifa, présentée comme le résultat de « consultations fructueuses », semble en réalité illustrer un décalage flagrant entre les priorités de l’instance et les réalités du football africain. En favorisant les clubs européens, la FIFA envoie un message clair : l’argent et les intérêts des grands clubs priment sur les besoins des équipes nationales.
Les critiques vont au-delà des simples préoccupations logistiques. Claude Le Roy, ancien entraîneur à la CAN, a qualifié cette décision de « honte » et a souligné que cela reflète un manque de respect envers le continent africain. « On n’arrête pas d’entendre des discours sur l’aide au Sud, mais dans les moments cruciaux, on l’agresse », a-t-il noté.
Les entraîneurs africains, frustrés par cette situation, appellent à une réévaluation des priorités de la FIFA. La question se pose : pourquoi la voix des sélections africaines est-elle si souvent ignorée dans les décisions qui les concernent ?
Alors que la CAN 2025 approche, il est crucial que les instances dirigeantes prennent conscience de l’importance de respecter et de valoriser le football africain. Les sélections méritent un soutien et une reconnaissance à la hauteur de leurs efforts et de leur passion.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























