Libreville, 05 décembre 2025 – Le Syndicat national des enseignants et chercheurs (SNEC) a tenu sa traditionnelle déclaration de rentrée syndicale, par la voix de son secrétaire général, Manokou Lucien, dressant un tableau inquiétant du fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur au Gabon.
D’entrée de jeu, le syndicat a salué « l’abnégation des enseignants et chercheurs qui ont repris le chemin des amphithéâtres et des laboratoires » malgré les difficultés persistantes. Le SNEC a également rendu hommage aux collègues disparus, ainsi qu’au syndicaliste engagé Louis Patrick Mombo, « parti le 30 novembre 2021 ».
« Les mêmes problèmes depuis dix ans »
Selon le SNEC, la nouvelle année académique « commence avec les mêmes problèmes des dix dernières années », parmi lesquels :
« l’insuffisance des infrastructures »,
« les restrictions financières »,
« la dette académique »,
« la non-régularisation des situations administratives »,
« la paralysie des anciennes ENS et ENSET »,
et « la situation anarchique de l’IST ».
Le syndicat dénonce notamment l’écart entre les créations d’établissements et « des capacités d’accueil qui n’ont connu aucune évolution ». À l’UOB comme à l’USTM, les infrastructures sont « dans un état de délabrement avancé ».
Le SNEC rappelle que « les 13 milliards injectés par le CTRI en novembre 2023 » pour réhabiliter les établissements « n’ont malencontreusement pas abouti à la construction de nouveaux amphithéâtres, salles de classes ou laboratoires ».
Étudiants en grève, instituts laissés à l’abandon
La grève des étudiants de l’USTM en octobre dernier illustre selon le SNEC « le désarroi causé par ces carences infrastructurelles ». Le constat s’étend également aux instituts de recherche : les bâtiments de l’IRSH et de l’IPHAMETRA restent inachevés ou dégradés.
L’IST fait face à une situation encore plus critique, frappé par « des impayés de loyer ». Le SNEC rappelle que cela « enfreint l’article 22 de la Recommandation de l’Unesco de 1997 », qui impose des installations adéquates pour l’enseignement supérieur. Le syndicat « exige des solutions pérennes afin que l’IST retrouve la dignité d’un établissement d’enseignement supérieur ».
« Les restrictions financières sont devenues la règle »
Sur le plan financier, le SNEC déplore que « les restrictions financières soient devenues le mode de gouvernance du gouvernement ».
Le syndicat note :
« aucun budget d’investissement depuis des années », des subventions d’État qui « arrivent à compte-gouttes », et des dettes pédagogiques qui « s’accumulent d’année en année ».
Même le milliard promis par le président de la Transition « n’est pas totalement payé ». À l’IUSO, « aucun début de paiement » n’a été enregistré.
Le SNEC demande donc « l’ouverture des comptes des établissements dans les banques commerciales » pour capter des fonds privés.
Situation administrative et gouvernance en crise
La régularisation administrative des enseignants reste un point noir. « La majorité des enseignants et chercheurs sont toujours en attente de leurs actes », alerte le SNEC, soulignant les risques psychosociaux : « cette situation peut provoquer des ruptures d’anévrisme et autres arrêts ».
Le syndicat s’inquiète également de la vacance de postes clés : « l’IRET demeure sans directeur » et la création de l’Université des Sciences de l’Éducation « tarde » faute de signature ministérielle.
« Le gouvernement manque d’ambition pour la formation de qualité »
Face à ces constats, le SNEC « dénonce avec la dernière énergie l’atonie du gouvernement quant à la formation d’une ressource humaine de qualité », rappelant la célèbre citation de Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. »
Le syndicat appelle enfin le gouvernement à « examiner avec l’ensemble des parties prenantes la situation de l’enseignement supérieur et de la recherche » afin d’éviter l’effondrement du système.












































